Des tracteurs à Bruxelles: les petits agriculteurs demandent le soutien de la Wallonie

La Fédération unie de Groupements d'Éleveurs et d'Agriculteurs s'est rendue à Bruxelles pour défendre ses revendications dans le cadre du plan stratégique wallon lié à la nouvelle Politique agricole commune.

Des tracteurs devant le siège d'Ecolo à Bruxelles
Les tracteurs de la Fugea. (@Belga Image)

Après avoir rencontré le gouvernement wallon la semaine dernière, la Fugea (Fédération unie de Groupements d’Éleveurs et d’Agriculteurs) s’est rendue lundi matin, à compter de 08h00, à Bruxelles avec une quinzaine de tracteurs pour rencontrer les partis de la majorité wallonne (PS, MR et Ecolo). Les agriculteurs y ont une nouvelle fois défendu leurs revendications dans le cadre du plan stratégique wallon lié à la nouvelle Politique agricole commune (PAC).

Trois véhicules agricoles ont été placés juste devant l’entrée du siège d’Ecolo, avec au milieu la fausse vache du MIG (Milkproducer Interests Group) suspendue par un engin de manutention télescopique.

Cette action intervient alors que le gouvernement wallon met la dernière main à son plan stratégique relatif à la nouvelle PAC. Les agriculteurs demandent en premier lieu plus d’équité sociale dans la distribution des aides. La Fugea réclame encore entre autres une augmentation des aides à l’installation des jeunes agriculteurs.

Le co-président d’Ecolo Jean-Marc Nollet est sorti parler aux agriculteurs mobilisés à l’issue de la rencontre avec la délégation. « J’ai senti dans cette réunion qu’il y a plus de convergences que de divergences… Il n’y a pas pour nous d’avenir sans agriculture – c’est votre slogan – mais il n’y a pas d’avenir non plus sans nature. Pour nous, cette enveloppe de près de 2 milliards d’euros sur les 5 ans à venir doit aussi accélérer la transition. (…) On va soutenir les agriculteurs et notamment les jeunes qui font ce choix de la transition, mais en tenant compte comme vous le demandez de la réalité de nos fermes aujourd’hui et de toutes nos fermes, pas seulement des quelques grandes exploitations mais aussi des centaines de petites exploitations qui ne bénéficient pas assez de la redistribution ».

Le président de la Fugea Philippe Duvivier s’est dit rassuré par ces déclarations d’intention, mais il aurait souhaité qu’elles soient accompagnées d’engagements plus chiffrés. « Notre grande crainte concernait les fermes environnementales et le deuxième point sur les aides couplées était aussi très important. On est rassurés sur ces deux points, car on sent qu’à trois jours de la signature du plan stratégique de la PAC des équilibres se mettent en place. (…) Si des partis restent sur leurs idées, nous voulons les faire plus coller aux réalités du terrain. Cela va se jouer à ce niveau ».

La délégation est ensuite partie en tracteurs aux sièges des partis MR et PS, où elle a notamment rencontré le ministre-président du gouvernement wallon Willy Borsus (MR), le président du MR Georges-Louis Bouchez, le ministre fédéral de l’Agriculture David Clarinval (MR), le président du PS Paul Magnette et le député européen socialiste Marc Tarabella.

« On connaît bien les positions du MR et on voit des rapprochements possibles », a commenté Yves Vandevoorde, coordinateur de la FUGEA. « Au niveau du PS, qui jouera en quelque sorte un rôle d’arbitre dans l’accord, ils sont pour l’équité sociale dans la distribution des aides. Mais, on se pose encore des questions au final sur les positions exactes d’Ecolo. Pour nous, une ferme doit d’abord produire de l’alimentation et ne peut pas devenir en premier lieu un site de nature. On ne veut pas que des aides agricoles aillent à des grands propriétaires terriens qui peuvent garder des terres sans produire d’alimentation, car ce ne serait plus des fermes. Pour nous, une ferme qui produit, c’est un maximum de 30% d’environnement, mais on ne connaît pas le pourcentage acceptable pour Ecolo. Pour les aides couplées (des aides liées au bétail), on craint qu’Ecolo stagne à 10% du budget alors qu’on demande 21%, et ce sont des montants importants pour les revenus des petits éleveurs ».

Les tracteurs ont quitté Bruxelles entre 13h00 et 14h00.

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