Manifestation contre le CST: une vingtaine de casseurs arrêtés à Bruxelles

La manifestation avait été organisée par un médecin montois controversé. Les interpellations ont eu lieu à proximité du lieu de rassemblement.

Manifestation contre les mesures sanitaires
Manifestation contre les mesures sanitaires à Bruxelles le 5 décembre 2021. © BelgaImage

Environ 650 personnes, selon l’estimation de la police, ont manifesté depuis 13h00 ce dimanche devant la gare du Nord de Bruxelles contre le Covid Safe Ticket (CST) et l’obligation vaccinale.

"Une approche préventive afin d’éviter tout incident"

En amont du rassemblement, des personnes suspectées d’avoir des intentions malveillantes ont été contrôlées dans les alentours de manière préventive. Au total, 29 personnes ont été arrêtées administrativement, et 5 d’entre elles font l’objet d’une arrestation judiciaire, a indiqué dans l’après-midi la porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles, Ilse Van de keere. Lors des fouilles des suspects, la police a saisi divers feux d’artifice et d’autres équipements de protection utiles en cas d’altercation avec les forces de l’ordre.

Cette mobilisation est organisée à l’appel de l’ASBL Lagardère et de son fondateur, le docteur David Bouillon, médecin montois engagé en politique. Des personnes ont scandé le mot "Liberté" en réponse aux restrictions sanitaires. La manifestation s’est terminée vers 16h00 sans incidents signalés. "Compte tenu de ce qu’il s’est passé les semaines précédentes, nous avons opté pour une approche préventive afin d’éviter tout incident", a expliqué Ilse Van de keere. Les interpellations ont eu lieu dans les rues autour du lieu de rassemblement, notamment place Rogier.

La police a saisi plusieurs dizaines de feux d’artifice et pétards, des masques à gaz, un coup de poing américain, des gants renforcés, une cagoule, un casque, un masque et plusieurs lunettes visant à protéger les yeux du gaz lacrymogène utilisé par les forces de l’ordre et même un gilet de protection pour le torse.

Un docteur controversé

Le Dr Bouillon annonce l’ouverture à compter de mercredi d’antennes médicales pour les personnes nouvellement infectées par la COVID dans le centre Lagardère à Mons ainsi qu’à Charleroi, Mouscron, Le Rœulx, Huy et Liège. Il attribue la présence de non vaccinés dans les soins intensifs au seul fait qu’ils ne seraient pas pris en charge médicalement de manière précoce en raison d’une discrimination sur le terrain, selon une théorie qui lui est propre.

"Les personnes non vaccinées ne sont pas reçues chez leurs médecins et donc ils restent 10 jours chez eux, alors que les personnes vaccinées sont examinées plus tôt", a affirmé le Dr Bouillon. "Le CST est une obligation de vaccination dissimulée, car des gens sont obligés d’y venir pour ne plus payer des tests à tout bout de champ. Je me bats aussi pour les soignants qui vont être obligés de se faire vacciner, alors que certains ont déjà des anticorps ou une bonne immunité, que le vaccin est expérimental… On ne nous parle pas assez des effets indésirables". Il déplore qu’un dosage des anticorps par prise de sang ne soit pas prévu en Belgique pour le CST, qui prend seulement en compte un test PCR positif comme preuve d’une contamination passée.

Avant la crise sanitaire, David Bouillon s’était engagé dans un mouvement en soutien aux personnes fragilisées. Il s’est ensuite inscrit sur la liste montoise de Mons en Mieux (MEM), menée par l’actuel président du MR Georges-Louis Bouchez, avant de rejoindre les listes Destexhe (droite populiste). Il est alors accusé par des confrères médecins d’instrumentaliser des patients à des fins politiques. 

Depuis plusieurs mois, il s’oppose à la vaccination obligatoire contre le Covid-19 et émet à l’occasion des théories douteuses. Interrogé par 7sur7, il a par exemple affirmé que "les groupes O+ sont protégés contre la covid sévère". S’il est vrai que des études ont semblé montrer que ce groupe sanguin était mieux armé face au coronavirus, il ne s’agissait que de recherches préliminaires et encore à confirmer. D’autre part, des zones où le groupe O est ultra-majoritaire ont parfois été lourdement touchées par le Covid-19, comme le célèbre cas de Manaus au Brésil. Le 5 avril dernier, cette théorie des groupes sanguins a même été réfutée par une étude publiée dans la revue JAMA Network Open et menée par des scientifiques du Johns Hopkins Center for Health Security. En France, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) est claire sur le sujet: "les individus de groupe O peuvent être infectés et également transmettre" le Covid-19 et appartenir à ce groupe "ne dispense en aucun cas des gestes barrières et des mesures habituelles de distanciation sociale, qui restent avec la vaccination les principales mesures de protection contre la COVID-19".

Des personnes liées à l’organisation des marches pour la liberté ont annoncé un acte 3 dimanche prochain, le 19 décembre, entre la gare du Nord et le parc du Cinquantenaire.

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