Le décret Crucke "voté au nom de la stabilité gouvernementale" wallonne selon Bouchez

Le président du MR parle d'un vote fait à contrecœur, selon lui pour préserver le gouvernement wallon. Une analyse pas forcément partagée ailleurs.

Georges-Louis Bouchez à Namur
Le président du MR Georges-Louis Bouchez à Namur le 18 septembre 2021 @BelgaImage

Le MR a accepté de voter le projet de décret fiscal du ministre wallon des Finances, Jean-Luc Crucke (MR), pour préserver la stabilité du gouvernement régional, a expliqué dimanche le président des libéraux, Georges-Louis Bouchez. "Ce texte est voté au nom de la stabilité gouvernementale, mais vous ne me ferez pas dire que ce que contient ce texte m’enthousiasme", a déclaré M. Bouchez sur le plateau de "C’est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi).

Une tension jusqu’au bout

Le vote de ce décret pour un impôt plus juste élaboré par M. Crucke a entraîné la semaine passée le gouvernement wallon et le MR dans une crise interne. Plusieurs députés libéraux ont contesté le dispositif mis en place par leur ministre et qui vise notamment la taxation des véhicules utilitaires et les droits d’enregistrement dus pour les donations. À leurs yeux, certaines dispositions toucheraient négativement la classe moyenne.

Leur président les a soutenus. Il dit d’ailleurs avoir fait la même analyse qu’eux. "Il faut arrêter de considérer que les parlementaires sont les presse-boutons de textes qui proviennent du gouvernement", a souligné dimanche M. Bouchez, les qualifiant même d’"irréprochables dans ce dossier". La crise a illustré les mauvaises relations entre le président du MR et le ministre wallon des Finances. M. Bouchez n’a pas voulu s’étendre sur le sujet. Il dit avoir fait part à plusieurs reprises, personnellement ou par ses collaborateurs, des problèmes que suscitait le texte. "Être un ministre, c’est un honneur que l’on tient grâce à sa famille politique. On n’est pas élu ministre, c’est un travail d’équipe avec les parlementaires et son parti. Ce n’est pas une aventure personnelle", a-t-il ajouté.

Le MR est en coalition en Wallonie avec le PS et Ecolo. Les socialistes ont joué la carte de l’apaisement ce week-end.  "Le gouvernement est composé du PS, du MR et d’Ecolo et il fonctionne très bien ensemble", a assuré la députée Joëlle Kapompole. Les écologistes se montrent quant à eux plus critiques. Ils visent notamment l’influence de M. Bouchez. "Ce qui n’est pas acceptable, c’est que le président du MR vienne imposer de l’extérieur des choses au gouvernement", a fait remarquer le député Manu Disabato. M. Bouchez a quant à lui mis en avant la "correction politique" du ministre-président Elio Di Rupo (PS) dans ce dossier. "Il mérite parfaitement son poste de ministre-président", a-t-il dit.

Une coalition vacillante?

Après avoir été approuvé en troisième lecture par le gouvernement wallon, le projet de décret a passé le cap vendredi de la commission des Finances du parlement wallon, moyennant l’un ou l’autre amendement qualifié de "technique" par les Verts. Interrogé dans Sud Info ce week-end, le co-président d’Ecolo, Jean-Marc Nollet, a rappelé que son part ne voulait pas le moindre changement de fond dans ce texte qui, fait-il remarquer, vise à protéger la classe moyenne des fraudeurs. "On ne l’aurait pas accepté", a-t-il averti.

L’un des députés MR frondeurs, François Bellot, assure de son côté que des changements substantiels ont été apportés, notamment en matière de rétroactivité. Mais il conteste toujours le projet de décret. "C’est une usine à gaz juridique", a-t-il regretté. La coalition a-t-elle vacillé en Wallonie? Interrogé par l’agence Belga sur le point de savoir si son parti avait été approché pour remplacer le MR, le président du cdH, Maxime Prévot, a répondu sans détour: "non".

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