Inauguration du premier centre d’accueil pour demandeurs d’asile LGBT+

L'objectif est de protéger ces personnes qui racontent être victimes d'agressions et de discriminations même après être arrivées en Belgique.

Drapeau LGBT+ à Munich
Drapeau LGBT+ brandi lors d’une manifestation à Munich le 22 juillet 2018 @BelgaImage

À l’occasion de la journée internationale des droits humains, le CADAL, un centre d’accueil pour demandeurs d’asile LGBTQIA+ (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Trans, Queers, Intersexes, Asexuels et autres) a été inauguré vendredi, à l’espace culturel LaVallée situé à Molenbeek-Saint-Jean. L’événement a été porté par Le Refuge Bruxelles, structure d’hébergement d’urgence et d’accompagnement pour les jeunes de la communauté, par les ASBL MIDNIMO et Pour La Solidarité (PLS) ainsi que par la secrétaire d’État à l’Égalité des chances Sarah Schlitz.

Des réfugiés victimes de discriminations même en Belgique

Le centre dispose d’une capacité de 14 places, réparties en deux lieux tenus secret sur le territoire de la région bruxelloise. Depuis environ 3 ans, Le Refuge accompagne des demandeurs d’asile bien que cela sorte de sa mission première qui a trait à l’hébergement de jeunes LGBTQIA+ de 18 à 25 ans. Il a en conséquence été décidé de créer une structure spécifique plus à même de répondre aux besoins spécifiques des réfugiés de la communauté.

Parmi les premiers hôtes de ce nouveau centre se trouve Qais, un jeune Jordanien de 25 ans homosexuel qui a profité de son voyage Erasmus en Belgique pour demander l’asile. Interrogé par la RTBF, il raconte comment dans son ancien centre pour réfugiés, l’assistante sociale lui avait conseillé de cacher son orientation sexuelle. "Quand j’étais dans mon pays je m’étais déjà caché pendant toute ma vie. Et dès que je suis venu ici, je pensais que je serais libre, que je serais moi-même. Mais j’ai senti que de nouveau, comme dans mon pays, je devais me cacher", raconte-il. La RTBF précise qu’il a été régulièrement agressé par d’autres demandeurs d’asile. Des violences qui vont pouvoir prendre fin en arrivant dans le nouveau centre de Molenbeek.

Briser le cercle vicieux des discriminations

"Peu de législations nationales sont favorables aux droits fondamentaux des personnes LGBT+", a déclaré en introduction Sarah Schlitz avant de relever que la peine de mort était encore une menace existante dans certains pays. "Au-delà des législations, on sait aussi que la réalité sur le terrain est très compliquée pour les personnes LGBT même dans les pays qui ont un cadre légal progressiste. La Belgique doit jouer un rôle face aux pays où les droits humains ne sont pas respectés".

Cette inauguration s’inscrit dans le cadre du projet Rainbow Welcome, cofinancé par la cellule Égalité des chances du SPF Justice et le programme REC de la Commission européenne, pour améliorer la prise en charge des réfugiés LGBTQIA+ en Europe. Sur base d’une étude sur l’accueil des personnes LGBT+ en Belgique, il a par exemple été mis en exergue lors de la conférence que des personnes demandant l’asile en raison de discriminations basées sur son orientation ou identité sexuelles pouvaient être placées dans les centres d’arrivée avec des ressortissants de leurs pays d’origine, et ainsi être à nouveau confrontées à des discriminations.

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