Saturée, Fedasil laisse des mineurs à la rue

Les travailleurs de l’agence fédérale ont manifesté ce jeudi. Ils dénoncent la pénurie de places d’accueil pour les demandeurs d’asile.

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Les travailleurs de Fedasil ont manifesté à Bruxelles pour alerter sur le manque de places d’accueil pour les demandeurs d’asile/ ©BELGAIMAGE

Triste première pour Fedasil : mercredi, plusieurs mineurs d’âge- 9 selon La Libre, 16 selon l’Avenir- ont trouvé la porte du Petit Château fermée. Laissés à la rue, ces Mena (mineurs étrangers non accompagnés) étaient venus chercher refuge au centre d’orientation de Fedasil à Bruxelles. Palliant les carences de l’Etat, le secteur associatif et la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiées ont trouvé en urgence une solution (temporaire), via l’hébergement chez des familles d’accueil. De quoi, au moins, leur garantir un toit pour la nuit.

Mais l’épisode souligne une fois de plus la crise de l’asile en Belgique. Et les manquements au droit. « Je rappelle que les enfants sont protégés par des chartes internationales, ils ont des droits. Or, ici, la Charte des droits de l’enfant est bafouée », pointait dans La Libre Bernard De Vos, délégué général aux droits de l’enfant.

Prévisible

« J’ai explicitement demandé à Fedasil de prendre en charge tous les mineurs qui se présentent au centre d’arrivée, a répondu le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V). Je n’accepte pas que les mineurs ne soient pas pris en charge. Je veillerai à ce que cela soit respecté ».

Inédite, la situation n’en était pas moins prévisible, dans la mesure où depuis des mois, le réseau de Fedasil sature. Pour justifier la difficulté de débloquer des places d’accueil, le gouvernement fédéral met en avant plusieurs facteurs, notamment le fait que certaines communes renâclent à accueillir de nouveaux centres sur leur territoire.

« Choisir qui va rentrer et qui doit rester dehors »

Dénonçant la crise de l’accueil, entre 100 et 200 personnes ont manifesté jeudi rue de Loi, à Bruxelles. Organisée par les travailleurs de Fedasil, avec le soutien de partenaires comme l’ONG Médecins du Monde et la Plateforme citoyenne, l’action s’adressait en priorité au secrétaire d’Etat en charge de l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi.

« On ne peut plus continuer comme cela, avec une gestion au jour le jour, a dénoncé Danaé Coquelet, porte-parole au centre d’arrivée du Petit Château (propos relayés par Belga). Ce n’est plus possible car cela ne respecte pas les droits des demandeurs de protection internationale, ni les droits des travailleurs du secteur de l’accueil. Les travailleurs sont épuisés, mais tiennent bon car ils ont envie d’accueillir décemment les demandeurs, ce qui n’est plus possible car tous les jours on doit choisir qui va rentrer et qui va devoir rester dehors ».

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