Uber: la guerre des taxis

Les chauffeurs de la firme américaine ne peuvent plus opérer dans la capitale depuis un récent arrêt de la cour d’appel de Bruxelles.

chauffeurs uber à Bruxelles
Des chauffeurs Uber bloquent Bruxelles, le 25 novembre dernier. © BelgaImage

Taxis tradis

Ordonnance de 1995
Selon ce texte, objet de la discorde, pour transporter des personnes en voiture, il faut une licence. Licence qu’ont les sociétés de taxis bruxellois traditionnelles, mais pas les chauffeurs Uber qui opèrent comme un service de LVC (location de voiture avec chauffeur). L’ordonnance spécifie qu’ils ne peuvent circuler pour leurs clients que sur la base d’un contrat préalable et pour une durée de minimum trois heures. L’usage d’appareil de radiocommunication pour recevoir des commandes en direct est réservé aux seuls taxis.

Satisfaits
Pour les chauffeurs de taxi bruxellois, l’arrêt vient clore un débat qui n’aurait jamais dû être ouvert: Uber aurait toujours dû opérer avec des chauffeurs sous licence et ne jamais se développer.

Plan taxi
Cela fait sept ans (depuis l’interdiction d’UberPop) que la Région bruxelloise promet un plan taxi. Une réunion a eu lieu jeudi et aurait abouti à un accord “ambitieux” selon le ministre-président Rudi Vervoort (PS). Il vise un numerus clausus et un statut unique pour les taxis et les LVC. Le texte devrait être prêt pour cet été.

Socialistes
Les socialistes tiennent leur position concernant le secteur du transport rémunéré de personnes. Rudi Vervoort estime que c’est “la responsabilité d’Uber si on en est arrivé à une situation aussi dramatique”. Mais le ministre-président est aussi soumis à une pression importante  de ses partenaires Open VLD et DéFI, qui demandent une solution urgente.

Uber

Déjà en 2015
Sur recours des Taxis Verts, le tribunal de commerce de Bruxelles avait ordonné à UberPop de cesser de mettre en relation des clients et des chauffeurs ne disposant pas de l’autorisation des taxis bruxellois et de se mettre en conformité. Du coup la société a élaboré en 2016 une nouvelle construction juridique en Belgique: UberX, qui occupait des chauffeurs ayant obtenu une licence LVC. L’arrêt de la cour d’appel de vendredi fait appliquer le jugement de 2015.

En colère
Les quelque 2.000 chauffeurs Uber bruxellois privés de leur gagne-pain ont manifesté en bloquant plusieurs artères importantes de la capitale. Chez Uber, on parle de “réglementation obsolète, d’une époque antérieure aux smartphones” et on demande une “réforme du secteur”. La plateforme a lancé une pétition jeudi midi qui comptabilise plus de 31.000 signatures.

Solution temporaire
Le gouvernement bruxellois cherche “activement une réponse temporaire à la situation créée par l’arrêt”. Un consensus permettrait aux chauffeurs de reprendre leur activité rapidement. Mais à l’heure d’écrire ces lignes, aucune décision n’a encore été prise.

Opposition
Pour le MR et le cdH, le gouvernement bruxellois est “clairement responsable” de la fin des opérations de l’app Uber. Plusieurs élus de l’opposition (PTB, N-VA, CD&V…), rejoints par certains élus de la majorité, ont ouvertement reproché à Rudi Vervoort d’avoir attendu sept ans pour accoucher d’un plan taxi.

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