Emmanuel André: "De nouvelles mesures nécessaires"

Le virologue s'inquiète de la mauvaise tendance épidémiologique et appelle à réagir en conséquence. La question, c'est: comment?

Emmanuel André à Bruxelles
Le virologue Emmanuel André le 9 septembre 2020 à Bruxelles @BelgaImage

Ce mardi après-midi, le virologue Emmanuel André a réagi à la dégradation de la situation épidémiologique en Belgique. Selon lui, les chiffres sont si inquiétants que les mesures prises par le dernier Codeco ne sont pas suffisantes. L’enjeu: ni plus ni moins que la préservation du système de soins.

Des mesures «insuffisantes»

Comme le rappelle Emmanuel André, «en Belgique, les indicateurs restent au rouge, tant en ce qui concerne l’accélération du nombre d’infections que du nombre d’hospitalisations. Ceci dans un contexte où les différents piliers de notre système de soins émettent des signaux d’alarme (première ligne, labos & tracing)». «Nous atteignons donc les limites de ce que notre système de soins, tant dans ses aspects préventifs que curatifs, arrive à encaisser. On peut encore pousser tout ce système dans ses derniers retranchements. Mais on empiètera alors sur la qualité du travail et des soins», prévient le virologue sur Twitter.

La conclusion d’Emmanuel André est claire: d’après lui, «des mesures supplémentaires seront donc nécessaires, et celles-ci vont encore davantage radicaliser ceux qui s’opposent aux mesures actuelles, car elles sont insuffisantes». «On arrive dans des temps difficiles. Où l’on doit continuer à faire société. L’hiver sera long. Notre lassitude et nos doutes nous rendront encore plus réceptifs aux vendeurs de rêves et complotistes en tous genres. Mais on y arrivera. Ensemble», conclut-il.

Un Codeco trop timide?

Quelles mesures supplémentaires faudrait-il appliquer selon lui? Il ne le précise pas. Lors du dernier Codeco, l’exécutif n’a suivi qu’en partie les recommandations que le GEMS, le groupe d’experts Covid-19, lui avait remises. L’élargissement du port du masque a bien été approuvé, notamment via le CST+, mais pas autant que suggéré, celui-ci n’étant pas rendu obligatoire à l’école dès 9 ans dans toute la Belgique. Cette protection est aussi exigée dans les discothèques, là où le GEMS imaginait la fermeture pure et simple du monde de la nuit pendant un mois, tout comme pour les activités estudiantines et le sport de contact en intérieur. Enfin, le Codeco a imposé quatre jours de télétravail par semaine jusque début décembre (puis trois jours), alors que le GEMS proposait de rendre le télétravail totalement obligatoire jusqu’à Noël.

Selon le virologue Steven Van Gucht, il faudra encore quelques jours pour voir si les mesures du Codeco ont un réel effet sur les courbes épidémiologiques. En l’état, les chiffres tendent à montrer que la Belgique se dirige vers les scénarios pessimistes des prévisions des experts. «Avec cette tendance, nous nous dirigeons vers 1 000 lits au lieu de 800» en soins intensifs, explique Van Gucht à Belga.

De son côté Emmanuel André a réagi sur l’obligation vaccinale qui pourrait être demandée aux soignants. Selon lui, «notre système de santé dédie des efforts considérables pour protéger et soigner des personnes qui n’ont pas encore profité des bénéfices indéniables de la vaccination. Un tel système n’est pas une dictature sanitaire. C’est un système qui soigne et accompagne tout le monde». Ce mardi, il a également relayé les chiffres de la Commission européenne sur la vaccination. «Les données sont claires: plus le taux de vaccination est élevé, plus la mortalité est faible», concluent les autorités européennes.

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