La Vivaldi se frite sur l’obligation vaccinale des soignants

La réunion du comité ministériel restreint consacré à l'obligation vaccinale des soignants était toujours en cours vendredi vers 17h30. Les principaux ministres du gouvernement fédéral sont réunis depuis 9h pour tenter de trouver un compromis sur cette mesure qui divise la majorité Vivaldi.

De Croo
Belga

Un premier accord sur un avant-projet de loi a été annoncé lundi soir. L’obligation de se faire vacciner s’appliquait au personnel soignant à partir du 1er janvier. Les récalcitrants bénéficiaient du chômage temporaire corona jusqu’au 31 mars. Si le 1er avril, ils n’étaient toujours pas vaccinés, ils étaient licenciés et tombaient sous le régime du chômage classique, car ils étaient considérés comme n’ayant plus d’accès à la profession.

Dès le lendemain, les syndicats se sont insurgés contre cette mouture de l’avant-projet et plusieurs d’entre eux, à commencer par la CNE, ont déposé des préavis de grève pour couvrir d’éventuelles actions. De son côté, le président du PS, Paul Magnette, est également revenu sur l’accord. À ses yeux, il n’est pas concevable de sanctionner par un licenciement un soignant refusant la vaccination alors que cette obligation ne s’applique pas à l’ensemble de la population.

Accord?

Mercredi, jour du comité de concertation à l’issue duquel de nouvelles mesures ont été annoncées, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), a assuré que l’accord était confirmé. Jeudi pourtant, en séance plénière de la Chambre, le groupe PS a répété son opposition.

Ce vendredi, le conseil des ministres devait en principe avaliser le texte de l’avant-projet. La réunion du comité restreint qui la précède semble s’éterniser et, selon certaines sources, il n’est pas acquis qu’elle débouche sur un accord. Le climat est tendu, et le PS et Ecolo se tiennent sur la même ligne, précisait-on.

Pas d’accord

Les socialistes francophones ont soumis à leurs collègues une proposition qui permettrait au travailleur non vacciné de bénéficier d’une suspension de son contrat de travail plus longtemps plutôt que d’en subir la rupture, et de disposer plus longtemps du chômage temporaire. À partir du moment où la vaccination est rendue obligatoire, l’employeur pourrait mettre fin au contrat suspendu. Dans l’intervalle, d’autres possibilités seraient offertes, comme le travail pour un autre employeur ou une rupture conventionnelle permettant l’accès au chômage complet.

Jusqu’à présent, il n’y a pas d’accord sur l’idée d’une obligation vaccinale généralisée. Plusieurs partis s’y sont montrés favorables ou souhaitent au moins ouvrir le débat. Le Premier ministre, Alexander De Croo (Open Vld), se montre plus que sceptique sur la mise en œuvre d’une telle mesure, et rappelait encore jeudi que seuls quatre États, hors de l’Europe, l’avaient adoptée. Vendredi matin, toutefois, l’Autriche leur a emboîté le pas.

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