Bruxelles: un sapin de Noël ultra-local pour la Grand-Place

Contrairement à d’autres années, le propriétaire n’a pas dû être convaincu par les autorités ou des pépiniéristes, bien au contraire.

Sapin de Dilbeek pour la Grand-Place
Le sapin destiné pour la Grand-Place, avant son abattage à Dilbeek @BelgaImage

Ce mercredi 17 novembre, tôt le matin, Paul Vierendeels disait au revoir à son immense sapin. Car c’est bien l’épicéa de cet habitant de Dilbeek, une commune flamande en périphérie bruxelloise, qui sera installé demain, vers 6h30 du matin, sur la Grand-Place de la capitale. Évidemment, pour lui, c’est un moment important, surtout que l’arbre trônait dans son jardin et non au milieu d’une forêt. Mais le propriétaire n’a pas vraiment hésité à faire don de son magnifique sapin. C’est même lui qui est à l’origine de cette démarche.

Un arbre qui devait être coupé de toute manière

L’arbre a été planté dans les années 1970 par l’ancienne propriétaire de la maison. Lorsque Paul Vierendeels s’est installé là en 1998, le sapin était donc déjà là, même s’il n’était pas aussi grand. Depuis, il a tellement poussé qu’il est devenu pour le moins encombrant. Étant très proche de la maison, ses racines «soulèvent les pierres du chemin qui mène vers la maison et le garage», raconte-il à la RTBF. «Cela devenait un vrai problème». Il a donc décidé de s’en séparer.

C’est à ce moment-là qu’une idée surgit dans la famille Vierendeels. «Plus tôt que de simplement le couper, ma femme m’a dit que notre sapin ne ferait pas mauvaise figure sur la Grand-Place comparé à certains sapins par le passé», explique le propriétaire. La proposition a fait mouche et le couple a pris contact avec une société spécialisée dans la coupe et l’installation de sapins à destination des marchés de Noël. Après des mois sans nouvelles, Paul apprend que son arbre va être proposé à la ville de Bruxelles et peu après, cette dernière se montre intéressée.

@BelgaImage

Aujourd’hui, il se dit «très heureux» et fait savoir que l’ancienne propriétaire de la maison est «plus que ravie». «Nous sommes Flamands, mais aussi à moitié Bruxellois (rires). Nous sommes régulièrement dans la capitale. À plusieurs reprises, j’ai pensé que notre bel arbre ferait belle figure sur la Grand-Place», raconte-t-il à la VRT. «Pour être honnête, nous sommes assez fiers du fait qu’il soit autorisé à trôner à cet endroit». 

Une démarche bien différente des autres années

Du point de vue pratique, l’abattage de cet arbre jouit de nombreux atouts comparé aux sapins des années précédentes. Pour une fois, son transport sera réduit au minimum vu que seulement quelques kilomètres séparent Dilbeek de la Grand-Place. Ses prédécesseurs venaient systématiquement des Hautes-Fagnes depuis 2017. Et avant cela, ils avaient parfois été importés depuis l’étranger. Dans les années 2010, il y a par exemple eu des sapins d’Allemagne, de Lettonie ou encore de Slovaquie. En 2021, difficile de faire plus local.

Le contexte de la coupe du sapin est également moins délicat du point de vue des propriétaires. En 2020, un pépiniériste a mis plusieurs années avant de convaincre des habitants de Robertville (Waimes) de se séparer de leur Nordmann de 18 mètres, celui-ci ayant été offerts par leurs parents. L’année précédente, un échevin a dû convaincre une Stavelotaine de couper le sapin qui se trouvait sur sa propriété. «Ce n’est pas que ça me fait mal, mais ça me touche le cœur. C’est comme quand vous voyez partir un ami», confiait-elle alors à RTL. «Non, je n’étais pas obligée. C’est un choix posé en conscience parce que je pense qu’un jour il serait quand même parti», tempérait-elle.

Cerise sur le gâteau: cette année, la société qui s’est chargée de la coupe du sapin promet de planter 10 nouveaux arbres. Un engagement qu’elle tient à accomplir, comme pour tout arbre coupé de plus de cinq mètres.

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