Le mouvement #Balancetonbar prend de l’ampleur

À Bruxelles, un appel au boycott des bars et clubs a été lancé pour dénoncer les violences sexuelles qui y ont cours. Mais ce mouvement émerge aussi dans d'autres pays.

manifestation contre les violences sexuelles
La première manifestation contre les violences sexueles avait rassemblé 1.300 personnes. @ BelgaImage

Le mouvement #Balancetonbar est loin d’avoir dit son dernier mot. Devant l’afflux de témoignages de femmes droguées dans des bars puis agressées sexuellement, plusieurs collectifs féministes s’unissent pour faire entendre leurs revendications et exiger un changement politique et sociétal. Ce lundi, dans une lettre adressée aux 19 communes bruxelloises, cette organisation tout juste créée et intitulée Union Féministe Inclusive Autogérée (UFIA) a demandé des mesures concrètes pour lutter contre violences sexuelles systémiques.

« Nous exigeons de vivre sans le poids d’être en danger perpétuellement et en tous lieux. Nous voulons un changement radical et immédiat, car ce fléau sévit depuis de trop nombreux siècles et nous ne pouvons plus le tolérer », dénoncent ces militantes qui appellent les autorités à identifier, ficher et sanctionner systématiquement les établissements et membres du personnel problématiques. « Une tolérance zéro devrait être adoptée pour chaque signalement. »

Boycott et rassemblement 

Après deux manifestations, dont une qui a rassemblé plus de mille personnes, le mouvement va encore plus loin, en appelant à une soirée de boycott du monde de la nuit vendredi 12 novembre. « Aujourd’hui, notre colère n’a plus de limites. On est organisées », annonce fièrement des membres de l’UFIA dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. L’événement « Nightlife Black-out » est adressé aux autorités, mais aussi aux acteurs de l’événementiel qui font la sourde oreille. « La seule manière de te faire réagir est de toucher à ton précieux porte-monnaie. »

Cet appel au boycott se joint à celui d’un nouveau rassemblement à 20h, place de l’Albertine, dans le centre de Bruxelles. « Faisons entendre que cela suffit. »

 

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Pas de frontières 

Dans leur communiqué, les militantes féministes rappellent que ces crimes sexuels ne sont pas propres au Cimetière d’Ixelles, théâtre des premiers témoignages à l’encore du personnel du Waff et du El Café, ni même à Bruxelles. « Les violences sexuelles n’ont pas de frontières. »

Depuis la naissance du mouvement #Balancetonbar, d’autres comptes Instagram ont rapidement vu le jour pour relayer les témoignages d’innombrables victimes, ailleurs en Belgique, notamment à Liège, mais aussi en dehors du pays. En effet, le mouvement de dénonciation émerge petit à petit en Angleterre et en France. Selon l’association Consentis, qui a mené en 2018 l’une des rares enquêtes sur les violences sexuelles dans les lieux festifs chez nos voisins français, 57% des femmes ne se sentent pas en sécurité lorsqu’elles sont seules dans un lieu festif, contre 10% des hommes. Par ailleurs, 60% disent avoir déjà été victimes de violences sexuelles. Sommes-nous à l’aube du #MeToo de la nuit ?

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