Sans-papiers contre sans-parole

Les négociateurs qui ont contribué à mettre un terme aux grèves de la faim de cet été s’estiment trahis par le secrétaire d’État en charge du dossier.

soutien aux sans papiers
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Grévistes

Ni manger, ni boire
Environ 450 sans-papiers entament le 23 mai dernier une grève de la faim. Un grand nombre d’entre eux vivent et travaillent en Belgique depuis des années. Ils exigent un titre de séjour avec accès au marché du travail. Mi-juillet, 300 se lancent dans une grève de la soif aux conséquences encore plus dangereuses. Leurs jours sont désormais comptés.

Accord conclu
Les sans-papiers arrêtent le 21 juillet la grève de la soif et suspendent celle de la faim. Quatre personnes ont négocié en leur nom, parmi lesquels l’ancien président de la Ligue des droits humains Alexis Deswaef et Mehdi Kassou de la Plateforme citoyenne. Le quatuor évoque des assurances données par le secrétaire d’État.

Trahison
Depuis la semaine passée, les négociateurs dénoncent une trahison de Sammy Mahdi. L’Office des étrangers a fait connaître ses 20 premières décisions. Une quinzaine sont négatives. Or, les motifs de refus ne colleraient pas avec les engagements de l’élu CD&V.

Désespoir
Pour les grévistes, le coup est rude. La procédure de régularisation diffère certes de l’asile ou du regroupement familial. Pour ce mécanisme d’exception, l’État ne prévoit aucun critère clair. Ils espéraient toutefois que leur bonne intégration serait prise en compte.

Sammy Mahdi

Sammy Mahdi

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Pris en tenaille
Cet été, le secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V), en charge du dossier, se trouve sous pression maximale. Ses partenaires de gauche, PS et Écolo, débrancheront la prise gouvernementale en cas de décès d’un gréviste. Sur son flanc droit, le Vlaams Belang et la N-VA dominent au nord du pays. Il craint de les renforcer s’il cède aux grévistes.

Discorde en vue
Une fois la grève achevée, les premières déclarations suscitent déjà le malaise. Les négociateurs parlent de promesses de Sammy Mahdi. Ce dernier assure qu’aucun accord n’a été conclu avec les grévistes de la faim. “Chaque cas sera évalué individuellement, et les grévistes de la faim recevront le même traitement que tout le monde”, explique-t-il.

Insuffisant
Selon les négociateurs, le secrétaire d’État aurait promis que les preuves d’intégration pèseraient dans la balance. Au regard des premiers dossiers retoqués, ces dernières ne suffisent absolument pas pour obtenir le précieux sésame.

Suspense
La séquence est loin d’être achevée. La majorité des dossiers attendent encore leur verdict. L’administration les traite sur la base des instructions du secrétaire d’État. Même si ce dernier s’en défend, il possède une capacité d’influence sur le processus de régularisation.

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