Après Ixelles, des agressions sexuelles liées à des bars gantois provoquent une manifestation

Les organisateurs de la manifestation pointent «un problème majeur de harcèlement et de violences sexuelles dans la vie nocturne» et accusent la police gantoise de ne pas intervenir suffisamment.

Après Ixelles, des agressions sexuelles liées à des bars gantois provoquent une manifestation
Rue de l’Overpoort, à Gand, connue pour son ambiance estudiantine @BelgaImage

Le parquet de Flandre orientale enquête sur une possible affaire de viol près d’un café à Gand. Il s’agirait de faits qui datent de fin octobre. L’affaire fait l’objet d’une enquête prioritaire, mais le contenu – comme il est d’usage dans les affaires de viol – n’est pas communiqué. L’organisation Meldet appelle à venir manifester dimanche soir à 18h00 pour dénoncer les violences sexuelles fréquentes dans les cafés et bars gantois.

Samedi matin, la police gantoise a de nouveau été confrontée à une possible agression dans le quartier des divertissements d’Overpoort. Cette affaire fait également l’objet d’une enquête, mais il n’y a pas encore beaucoup de clarté. Cependant, les deux incidents successifs ont suscité beaucoup d’indignation, d’où le défilé de ce 7 novembre.

Deux affaires de suite 

Le premier incident remonte au 24 octobre. Une femme adulte a peut-être reçu une substance narcotique dans son verre dans un café du Beestenmarkt. Elle a été retrouvée au Parc Coyendans, où elle a probablement été violée. La victime a porté son cas devant l’organisation Meldet, qui recense les violences sexuelles. L’organisation souhaite remettre une lettre ouverte à la mairie de Gand dimanche soir.

Samedi matin, une jeune femme de 18 ans a été retrouvée dans le quartier étudiant de Gand, qui a également déclaré avoir été victime d’une agression au café Elixir. La police enquête également sur cette affaire et la femme a été transférée au centre de soins après une agression sexuelle. Les propriétaires de l’Overpoort, quant à eux, sont à l’origine d’une lettre ouverte de Meldet et veulent travailler ensemble contre ce qu’ils décrivent comme «la culture du viol, dans laquelle les comportements transgressifs sont normalisés».

«Nous avons constaté une augmentation» des agressions sexuelles

Meldet estime que la réponse de la police gantoise n’est pas suffisante et dit qu’il ne faut pas relativiser l’incident. «Nous savons qu’il ne s’agit pas d’un fait isolé et nous reconnaissons qu’il existe un problème majeur de harcèlement et de violences sexuelles dans la vie nocturne», indique la lettre ouverte signée par les gérants de quarante cafés gantois. «Depuis la réouverture complète de la restauration (et avec elle la réouverture de la vie nocturne, ndlr) le 1er octobre, nous avons constaté une augmentation» des agressions sexuelles, déclare-t-il aussi. Surtout dans le quartier étudiant, les propriétaires veulent que les visiteurs sachent qu’ils peuvent s’adresser au personnel du bar s’ils sont victimes de comportements transgressifs. Tim Joiris, président du département flamand de l’Est de Horeca Vlaanderen, demande une consultation à court terme avec la commune et le Gentse Nightlife Council.

Pour attirer l’attention sur le problème, un défilé sera organisé dimanche soir à 18h00 qui se déplacera du Vrijdagmarkt à l’hôtel de ville de Gand. L’organisation attend – par analogie avec une manifestation précédente – environ 200 participants. La police prévoit à une participation similaire.

Le procureur de la République de Flandre orientale s’est expliqué dimanche sur l’enquête sur le viol au Parc Coyendans. Une série d’éléments ont déjà été récoltés. Certains témoins ont été entendus et d’autres témoins seront bientôt interrogés également. Les prélèvements nécessaires ont été effectués sur la victime et une analyse de sang est également en cours pour savoir si une substance anesthésique a effectivement été administrée à la victime. Toutes les images de caméras disponibles sur le trajet entre le café et la scène du crime ont été demandées avec succès et sont en cours d’analyse, a souligné dimanche le procureur de la République de Flandre orientale à la suite de l’agitation.

Les agressions sexuelles dans les bars et cafés sont au devant de l’actualité depuis la mi-octobre, avec la dénonciation de tels actes dans deux bars du cimetière d’Ixelles, au Waff et à El Café. Depuis, les témoignages de femmes droguées et violées dans des bars se multiplient, sous le hashtag «#balancetonbar».

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