Un CST au boulot? "Logique pour certains secteurs", selon Olivier Willocx

Le patron de la chambre des Commerces de Bruxelles estime que certains secteurs sont propices à l'imposition du CST, même si cela pourrait créer des soucis dans la pratique.

Un CST au boulot? «Logique pour certains secteurs», selon Olivier Willocx
Présentation d’un CST à Hélécine, le 4 novembre 2021 @BelgaImage

Ce vendredi matin dans «Il faut qu’on parle», Maxime Binet recevait le CEO de BECI, la chambre des Commerces de Bruxelles, Olivier Willocx. Ils ont abordé bon nombre de sujets ce matin sur les ondes de DH Radio. À commencer par la fameuse transition écologique qui semble plus simple pour les entreprises bruxelloises que flamandes par exemple, mais aussi la question du Covid Safe Ticket (CST) sur les lieux de travail.

«Une culture d’opposition» 

«Les entreprises bruxelloises auront globalement plus facile car elles sont majoritairement de type ‘services’. L’impact et la remise en cause des processus seront un peu moins difficiles», explique-t-il. Cette transition, au coût non-négligeable, affectera fortement le portefeuille des consommateurs. «En fin de compte, le consommateur payera plus cher. Si l’on veut avoir des achats responsables et moins nombreux, il est logique que cela se répercute au niveau du coût», indique Olivier Willocx. 

La Flandre vient d’ailleurs de boucler un accord climatique durant la COP 26. Il n’y a cependant pas encore de consensus entre les Régions et les entités fédérées. Cela représente-t-il une concurrence déloyale pour les entreprises du pays? «Je ne pense pas, il faut d’abord trouver un accord au niveau mondial, en espérant que Wallons, Flamands et Bruxellois ne se disputent pas sur la question… même si l’on finit toujours par trouver un consensus», déclare-t-il avant d’insister sur la problématique culturelle présente dans notre pays, «On est dans une culture d’opposition, de marquer les différences. Trouver un accord à ce stade-ci des discussions n’intéresse personne. Nous sommes en Belgique, on attend d’abord d’être en crise avant de trouver un accord, c’est le modèle belge depuis 1830». 

Ensuite, Maxime Binet a évoqué la sortie du nucléaire en 2025, qui doit être partielle selon le CEO de BECI. «Elle ne peut être totale, sinon nous aurons de véritables problèmes. Que cela soit pour les entreprises mais surtout pour les ménages. Passer du carbone vers l’électrique, on va payer l’importation de notre électricité très cher». 

La crise du Covid a fait du mal a beaucoup d’entreprises, pourra-t-on transformer la situation en une opportunité pour les entreprises bruxelloises? «On n’a pas le choix», répond-il d’emblée avant d’évoquer les instances politiques pas assez dirigeantes. «Il y a un manque de courage politique en la matière. On ne voit personne venir dans les médias pour expliquer ce qu’il faut faire. Le taux de vaccination à Bruxelles est par ailleurs très mauvais». 

Favorable au CST mais «pas forcément dans tous les secteurs»

Alors que la question du Covid Safe Ticket se pose dans le milieu du travail, Olivier Willocx pense qu’il est intéressant de segmenter son utilisation. «Cela dépend des secteurs, mais il est important que l’employeur respecte le bien-être au travail et notamment la sécurité de ses employés. Il est alors logique que pour certains secteurs, entreprises ou même l’ensemble des travailleurs, le CST soit obligatoire», annonce-t-il. «Je pense que c’est une bonne idée, pas forcément dans tous les secteurs, sinon on n’en verra jamais le bout».

Pour le patron des entreprises bruxelloises, certains environnements sont plus propices à l’imposition du CST. «Pour deux travailleurs sur un toit, l’intérêt est plutôt faible. Par contre pour une salle de rédaction bien fournie, si tout le monde n’a pas de CST, cela peut créer des tensions entre les travailleurs», dit-il avant d’aborder la vaccination obligatoire qui en serait déguisée, «le souci va intervenir avec les gens qui ne se soumettront pas à l’obligation. Les travailleurs se sont faits vacciner alors que ceux qui ne travaillent pas, eux, posent problèmes à ne pas vouloir faire un acte civique».

La situation de Bruxelles, souvent au centre des critiques pour son taux de vaccination faible, a des circonstances atténuantes selon Olivier Willocx. «C’est un effet de statistiques, lorsque l’on fait des statistiques régionales et que l’on sait que dans la région Bruxelles-Capitale n’est qu’une ville, abritant une partie de la population fragilisée, alors en effet Bruxelles apparaît dans les statistiques».

Sur le même sujet
Plus d'actualité