Le Covid Safe Ticket bientôt obligatoire au travail ? La Vivaldi temporise

La fédération des entreprises Agoria est pour. Alexander De Croo veut d’abord étudier « toutes les implications possibles » sur le plan du droit du travail avant de se prononcer.

covid safe ticket obligatoire travail entreprises
©BELGAIMAGE

Présenter un Covid Safe Ticket sur son lieu de travail ? Bart Steukers a sa petite idée sur la question. « Ceux qui refusent catégoriquement devraient être renvoyés chez eux sans être rémunérés » lâchait en fin de semaine dernière le patron d’Agoria, la fédération des entreprises technologiques. Unizo, qui défend les intérêts des indépendants flamands, s’est dit également favorable à ce que les entreprises puissent imposer le CST à leurs employés, comme c’est le cas en Italie.

Sans toutefois fermer complètement la porte à l’idée, d’autres représentants des employeurs, comme la Fédération des entreprises belges (FEB) ou Comeos, préfèrent ne pas encore se prononcer. Et côté politique, on temporise également. Du moins en ce qui concerne Alexander De Croo.  Dimanche, sur le plateau de l’émission « De Zevende Dag » (VRT), le Premier ministre a dit vouloir d’abord étudier « toutes les implications possibles » sur le plan du droit du travail avant d’autoriser une telle mesure. Même chose pour le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), qui a rappelé que la loi ne permettait pas l’introduction du CST au travail pour le moment.

Le co-président d’Ecolo ne veut par contre pas en entendre parler. « Il y a un droit du travail en Belgique. Le fait que votre patron ne puisse pas avoir accès à votre dossier médical me paraît très important et doit être respecté », a opposé Jean-Marc Nollet, dans l’émission « C’est pas tous les jours dimanche » (RTL-TVI). Le sujet devrait être sur la table du prochain Comité de concertation, prévu le 18 novembre.

Trop compliqué à mettre en oeuvre ?

Dans les rangs syndicaux, on freine des quatre fers. FGTB et CSC en tête, on rappelle que le Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, qui réunit représentants des employeurs et des travailleurs, s’est déjà prononcé contre l’application du pass sanitaire au travail.

Pour Marie-Hélène Ska, cette application serait trop compliquée à mettre en œuvre au travail : « Pour le contrôler, pour respecter la vie privée, pour décider du sort de ceux qui ne peuvent pas être vaccinés, pour faire passer des tests tous les matins. Ça me semble peu réaliste et disproportionné par rapport à la situation actuelle », expliquait dans l’Echo la secrétaire générale de la CSC. Que faire, en effet, en cas de refus répété de la part d’un employé de présenter un CST ?

« Je ne peux imaginer qu’on licencie les travailleurs qui refuseraient, alors qu’on est en pleine relance, qu’on tente de faire passer un message positif pour que tout le monde soit sur le pont », pointait dans le même journal Pierre-Frédéric Nyst, président de l’Union des Classes Moyennes (UCM). « Le covid safe ticket pose déjà des problèmes dans les secteurs censés l’appliquer, comme l’horeca », précisait-il. « La question n’est pas encore passée en conseil d’administration, mais a priori, nous sommes opposés à une telle obligation ».

En Italie, l’introduction du pass sanitaire obligatoire au travail a dans un premier temps donné un coup d’accélérateur du rythme des vaccinations. Depuis, les injections des premières doses commencent à nouveau à ralentir.

Sur le même sujet
Plus d'actualité