Inondations : la solitude des bourgmestres, encore et toujours

Le bourgmestre de Trooz a été auditionné vendredi après-midi par la commission d'enquête régionale sur les inondations.

Inondations : la solitude des bourgmestres, encore et toujours
©BELGAIMAGE/ Le bourgmestre de Trooz, Fabien Beltran

Après ses homologues de Chaudfontaine et de Pepinster en matinée, c’est Fabien Beltran, le bourgmestre de Trooz, qui a été auditionné vendredi après-midi par la commission d’enquête régionale sur les inondations. Fil rouge de son témoignage, comme de ceux qui l’ont précédé: le manque de moyens et surtout la solitude de bourgmestres confrontés à la fureur des éléments.

Traversée par plusieurs cours d’eau, Trooz a été particulièrement impactée par les inondations de la mi-juillet. Quelque 2.200 logements y ont été sinistrés, tout comme 4 écoles sur les 5 de la localité et de nombreux bâtiments communaux. Dans certaines rues, l’eau est montée à 6 mètres. Une partie du personnel administratif est resté coincé dans les locaux du service des travaux – où ils remplissaient des sacs de sable – avant de se réfugier sur le toit.

« Sentiment d’impuissance »

« Le 14 juillet, en début d’après-midi, l’eau est montée très vite, un peu comme une marée montante », surprenant de nombreux habitants, a expliqué Fabien Beltran qui n’avait auparavant reçu aucune alerte. Tout au long de la journée, les appels à l’aide se multiplient. « C’est un vrai sentiment d’impuissance qui domine », a-t-il ajouté. « Lorsque vous recevez des centaines d’appels à l’aide alors que vous savez qu’il n’y a que 8 ou 10 personnes sur le terrain, vous comprenez que l’équation sera difficile à résoudre ».

L’armée arrive sur le site vers 20 heures. « Ils sont huit. Ils mettent des bateaux à l’eau vers 22 heures, au plus fort de la crue », a poursuivi le bourgmestre de Trooz. Une dizaine d’habitants peuvent être évacués mais 2.000 autres attendent toujours. Certains resteront sur les toits de leur habitation pendant une trentaine d’heures. D’autres seront secourus grâce à l’intervention d’un club de jet-ski.

« Les pompiers me disaient que je ne pouvais pas autoriser ça, que ça engageait ma responsabilité. Mais j’avais des gens qui appelaient à l’aide. Ils étaient avec des enfants et voulaient aller de l’autre côté à la nage pour les sauver. Qu’est-ce que je devais faire? Demander à ceux qui proposaient leur aide de les regarder traverser à la nage et de les récupérer s’ils flottaient? Je me suis assuré que c’était des professionnels et je leur ai dit d’y aller », a encore témoigné Fabien Beltran.

Pas d’ordre d’évacuation pour Trooz

Ce dernier a également confirmé n’avoir reçu aucun message concernant une évacuation. « J’ai appris à la mi-septembre, sur Facebook, que la province avait envoyé un ordre d’évacuation à plusieurs communes, mais pas à Trooz », a-t-il assuré.

Et si ce genre de catastrophe se répétait? « On peut certainement améliorer les services de secours et travailler à l’entretien des berges. Il faut aussi réfléchir à l’électrification totale de notre flotte de véhicules quand on sait qu’à Trooz, on est resté 48 heures sans électricité », a-t-il conclu. Après une interruption d’une semaine pour cause de vacances, la commission d’enquête reprendra ses travaux le vendredi 12 novembre avec les auditions des bourgmestres de Liège, Esneux et Rochefort.

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