Masque, télétravail, loi pandémie : ce qui est sur la table du Codeco

Avancé à ce mardi, le prochain Comité de concertation s'apprête à resserrer la vis pour faire face à une épidémie de coronavirus qui reprend vigueur.

Alexandre De Croo et Frank Vandenbroucke au Codeco
Alexandre De Croo. © BelgaImage

La Belgique est dans le rouge. Depuis plusieurs semaines, les chiffres se dégradent, avec une hausse des contaminations et des admissions dans les hôpitaux. Bien sûr, la situation actuelle n’est pas comparable à celle qui prévalait l’an dernier, lorsque les vaccins contre le coronavirus n’étaient pas encore sur le marché. Mais, à l’aube des congés de la Toussaint, les autorités, tant politiques que sanitaires, sont inquiètes. Tous craignent une quatrième vague. « Vendredi, on était proche de 7.000 cas par jour, c’est une hausse exponentielle », a alerté le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke sur la Première.

Pour ne pas laisser les statistiques s’aggraver, il faut réagir. Ce mardi, un énième Comité de concertation, prévu initialement vendredi, se réunit à 16h30 pour examiner la situation actuelle et envisager un nouveau tour de vis.

Pas de reconfinement en vue

Un nouveau confinement n’est pas à l’ordre du jour, a rassuré Frank Vandenbroucke ce lundi, car la couverture vaccinale est relativement suffisante. Les élèves et étudiants devraient poursuivre les cours en présentiel, et les secteurs culturel et événementiel devraient rester ouverts.

Il s’agira plutôt de rappeler, voire durcir les mesures actuelles. Dès lors, on peut attendre des principaux ministres du gouvernement fédéral et représentants des entités fédérées qu’ils recommandent le télétravail là où il est possible.

La loi pandémie activée ?

Le Codeco devrait aussi activer la loi pandémie, approuvée en juillet par les députés. Ce dispositif donnerait ainsi au gouvernement fédéral la possibilité de prendre des mesures pendant maximum trois mois. Mais pour cela, il faut déclarer au préalable un état d’urgence épidémiologique. Cela peut paraître inquiétant, concède la vice-première ministre Petra De Sutter, mais il s’agit simplement, selon elle, d’une affaire technico-juridique. « Les mesures que nous introduisons ne sont pas strictes », affirme la ministre écologiste. « Personne ne songe à réduire à nouveau le nombre de contacts sociaux. »

La Flandre visée

Mais c’est surtout en Flandre que se joue l’enjeu. Le nord du pays, après avoir fait tomber le masque dans une série de lieux publics le 1er octobre dernier, pourrait bien devoir faire marche arrière. Le vice-Premier ministre socialiste Pierre-Yves Dermagne avait déjà évoqué ce week-end une « regénéralisation » des mesures maintenues en Wallonie et à Bruxelles, mais pas en Flandre – comme le port du masque buccal en intérieur ou le recours accru au Covid Safe Ticket (CST). Pour le moment, ce dernier est seulement nécessaire pour les événements de masse.

L’application généralisée du pass sanitaire serait dès lors un échec en Flandre, que la N-VA n’est pas prête à accepter. « Nous avons vraiment fait de notre mieux et il faut dire la vérité aux Flamands: le problème se trouve principalement en Wallonie et à Bruxelles. Nous en sommes aujourd’hui victimes », a lancé le président nationaliste Bart De Wever au micro de la VRT. Le Codeco s’annonce animé.

Sur le même sujet
Plus d'actualité