Affaire Conings: le comité R met en cause l’extrême-droite au sein de l’État

Le patron du comité s’étonne de la lenteur du dossier et estime que cela pourrait s’expliquer par la présence de l’extrême-droite «dans les différentes strates de l'Etat belge».

Affaire Conings: le comité R met en cause l’extrême-droite au sein de l’État
Serge Lipszyc, le 17 novembre 2010 à Arlon @BelgaImage

Le président du comité de suivi des services de renseignement, dit «comité R», Serge Lipszyc, met en cause la volonté de favoriser des mouvements extrémistes, notamment d’extrême-droite, dans certaines strates de l’État. Il n’identifie personne mais, dans un entretien accordé au magazine Wilfried, il s’interroge sur la façon dont le dossier Jürgen Conings a été suivi et se demande si certains n’avaient pas intérêt à ce que le militaire ne soit jamais retrouvé.

Un suivi différent «si Jürgen Conings s’était appelé Mustafa»

Jürgen Conings, un caporal aux idées d’extrême-droite, membre un temps du Vlaams Belang, avait disparu le 17 mai après avoir volé des armes lourdes à la caserne de Bourg-Léopold (Limbourg). Une lettre avait ensuite été retrouvée où il menaçait le gouvernement, son employeur et des virologues. Il avait aussi été repéré rôdant autour de l’habitation du virologue Marc Van Ranst. Un mois après sa disparition, il avait finalement été retrouvé mort dans un bois de Dilsen-Stokkem. La cause de son décès serait un suicide.

Selon M. Lypszyc, la ligne du temps de son dossier et les moyens considérables déployés par la police et l’armée pour le retrouver -en vain – posent de nombreuses questions. Malgré les indices manifestes de menace qu’il présentait, notamment d’avoir rôdé autour du domicile de M. Van Ranst, il n’est pas interpellé ou perquisitionné. Idem à propos de la traque du fugitif, à laquelle collaborent activement la Défense et le SGRS, service de renseignement militaire dont les manquements sont manifestes dans ce dossier, qui procure au patron du comité R une «sensation désagréable».

«N’y avait-il pas des gens au sein même de la structure de l’État qui avaient intérêt à ce qu’on ne le retrouve jamais? Depuis, le dossier Jürgen Conings n’avance pas alors qu’il est tellement important», souligne M. Lipszyc. «Si Jürgen Conings s’était appelé Mustafa, je pense que les choses se seraient déroulées autrement. Un certain nombre d’éléments permettent de croire que dans les différentes strates de l’Etat belge, il y a une volonté de favoriser les mouvements extrémistes, notamment d’extrême-droite», dit-il encore.

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