Viols au cimetière d’Ixelles : des témoignages glaçants

Depuis quelques jours, de nombreux témoignages de jeunes femmes affluent sur les réseaux sociaux. Elles affirment avoir été victimes de viols ou d'agressions sexuelles au Waff et au El Café, deux bars prisés du Cimetière d’Ixelles.

Viols au cimetière d’Ixelles : des témoignages glaçants
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Un homme, barman, est particulièrement visé par ces accusations. Selon les témoignages, il opérait toujours de la même manière, en versant du GHB, la « drogue du viol », dans le verre de ses victimes. Une enquête a été ouverte par le Parquet de Bruxelles.

« C’était le pire jour de ma vie »

C’est d’abord sur le compte Instagram du groupe « Féminisme Libertaire Bruxelles » que ces témoignages ont atterri. Des témoignages nombreux et glaçants.

Ainsi, une jeune femme raconte, sous couvert de l’anonymat, s’être réveillée sans culotte ni pantalon dans des draps ensanglantés. Elle n’avait aucun souvenir de sa soirée. « J’ai demandé de l’aide à quelques amis et l’un d’eux a montré ma photo au personnel (du bar) et leur a demandé s’ils avaient vu quelque chose. Un serveur lui a dit qu’il m’avait portée jusque chez moi et que je m’étais effondrée, mais qu’en gros, il ne s’était rien passé de grave ».

Pour une autre, le cauchemar a commencé le jour de la Saint-Valentin 2017 au El Café : « J’étais soudainement très ivre et j’ai eu un black-out complet. Je ne me souviens que d’un court extrait où je suis dans une voiture avec deux inconnus. Et rien de plus ». A son réveil, elle aperçoit un emballage de préservatif vide sur le sol. Elle ne porte qu’un T-shirt. « La porte de mon appartement était ouverte. C’était le pire jour de ma vie. Je me suis douchée pendant deux heures pour me débarrasser de cette sensation de saleté ».

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« Peu de temps après mon arrivée au El café, black out », raconte Annick à BX1. « Je me suis retrouvée dans la voiture d’un monsieur d’une trentaine d’années. Le lendemain matin, je me suis réveillée sans savoir réellement comment j’étais rentrée chez moi. Je n’avais plus mon téléphone qui avait sans doute été volé pour la énième fois au El café ».

Autre témoignage : «  Début juin 2018, après mon 1er verre black out total jusqu’au petit matin où je me suis réveillée nue a un arrêt de tram (je n’avais que mon jeans, plus de culotte, plus de body de la veille, ma veste dans le sac). Je n’ai aucun souvenir de ce qu’il s’est passé, et cette histoire m’a profondément détruite et changée. Ça m’a traumatisé à un point inimaginable ».

Réaction de la direction des bars incriminés

Toutes ces personnes témoignent d’un même modus operandi qui semble être en marche depuis des années. Arrivée au Waff ou au El Café, un verre ou deux et black-out. Pour beaucoup, la cause de ce black-out est la « drogue du viol », le GHB.

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Une enquête a été ouverte par le Parquet de Bruxelles. La direction des bars Waff et El Café, situés dans le quartier du Cimetière d’Ixelles et dont un membre du personnel est visé par de nombreuses plaintes pour des viols et agressions sexuelles, a réagi jeudi à l’affaire, indiquant avoir écarté ce dernier « en attendant que toute lumière soit faite » et assurant qu’elle se portera partie civile « si les faits sont avérés ».

« Nous comprenons les sentiments de révolte et de colère suscités par de tels actes, que nous condamnons fermement », a indiqué la direction des bars incriminés. « Nous soutenons pleinement la marche organisée ce jeudi soir en soutien aux victimes d’abus (…) Cependant, il est inacceptable que nos serveuses, serveurs et clients se fassent insulter, harceler et cracher dessus. Cela va trop loin. C’est pourquoi nous appelons au calme », a ajouté l’exploitant. « Nous réaffirmons notre soutien aux victimes et nous tenons à disposition de la police », a conclu la direction.

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