Cimetière d’Ixelles: « Combien de victimes supplémentaires faut-il pour qu’on nous entende ? »

L’heure est à la mobilisation pour soutenir les victimes d’agressions sexuelles et de viols. Une marche est prévue ce jeudi soir à 20h et partira du Cimetière d’Ixelles, lieu des accusations.

Cimetière d’Ixelles: « Combien de victimes supplémentaires faut-il pour qu’on nous entende ? »
© BelgaImage

Depuis dimanche soir, les témoignages affluent sur les réseaux sociaux. Des jeunes femmes affirment avoir été victimes ou témoins de viols et d’agressions sexuelles au Waff et au El Café, deux bars prisés du Cimetière d’Ixelles. Un groupe d’étudiantes de l’ULB s’est rapidement emparé du sujet et tout s’est enchainé. Mardi, elles décident d’organiser une marche. Mercredi matin, la police donne son accord. L’événement Facebook est créé dans la foulée et le rendez-vous est donné jeudi.

« Le trajet choisi pour la marche n’est pas anodin. Nous partirons du Cimetière d’Ixelles pour envoyer un message fort aux bars accusés mais aussi aux clients et clientes qui fréquentent encore ces bars et qui ne seraient peut-être pas au courant de ce qu’il s’y passe, explique Alice Henrion, une des organisatrices de la marche. Ensuite nous descendrons vers le commissariat, qui se trouve dans le même bâtiment que la maison communale, car l’inaction politique et le manque de formation de la police sur ces sujets ont également un rôle à jouer selon nous dans cette culture du viol. »

Rencontre avec le bourgmestre

Mardi, le substitut du procureur du Roi de Bruxelles et porte-parole, Martin François, a indiqué que « plusieurs plaintes ont été déposées pour des faits de mœurs qui auraient été commis dans le quartier du Cimetière d’Ixelles ces derniers mois ». Alors les organisatrices de la marche s’interrogent : « Combien de victimes supplémentaires faut-il pour qu’on nous entende ? Pourquoi la parole des victimes n’est-elle pas crue ? Que fait la police ? Que fait la justice ? On en a marre. »

Sur Facebook, plus de 500 personnes affirment participer à l’événement et près de 2.000 se disent intéressées. Les participantes feront le trajet à la tombée du jour munies de bougies. « Les agressions sexuelles que nous dénonçons se sont déroulées dans le milieu de la nuit », explique Alice Henrion. « Ça permet d’être visibles dans la nuit », ajoute Manon Vidal, une autre organisatrice de la marche.

L’arrivée se fera devant la maison communale. Une délégation rencontrera le bourgmestre écologiste, Christos Doulkeridis. Manon Vidal fait partie de cette délégation. Elle compte « demander des explications » et « plus de moyens pour les services d’assistance aux victimes ». Le mouvement « Balance ton bar » est plus que jamais lancé, prêt à perdurer et mettre un terme à l’impunité.

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