La confiance est rompue entre les sans-papiers et l’Office des étrangers

Les sans-papiers menacent de repartir en grève de la faim après le refus incompréhensible de la demande de régularisation d'une ex-gréviste.

sans-papiers en grève de la faim
© BelgaImage

D’abord la consternation, puis la colère. Les sans-papiers qui ont mené une grève de la faim durant deux mois se sentent trahis. En cause : une note interne de l’Office des étrangers qui vient mettre à mal les accords trouvés pour mettre un terme à cette action mortifère le 21 juillet dernier.

Cette note, signée de son directeur général Freddy Roosemont, porte sur le dossier de Nezha, une gréviste de l’église du Béguinage. Celui-ci semble en béton. En Belgique depuis 2009, Nezha a deux promesses d’embauche. Très active dans le milieu associatif, elle a suivi des formations en néerlandais et des cours de français. Elle a également de la famille ici. Les éléments en faveur de sa régularisation sont nombreux, ceux en sa défaveur inexistants. Nezha est un exemple de candidate, selon l’avocate Marie-Pierre de Buisseret, spécialisée en droits des étrangers. « Il n’y a rien de négatif, elle a su prouver son intégration, ce qui était un des éléments clefs pour parvenir à la régularisation », affirme-t-elle auprès de La Libre. Pourtant, son dossier a reçu un avis négatif.

« L’homme vaut sa parole ou il ne vaut rien »

« Ce refus est de mauvais augure. Si cette personne n’est pas régularisée, qui le sera ? » s’interroge l’avocate. Le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, Sammy Madhi (CD&V) souligne qu’aucune décision formelle n’a été prise pour le moment. Mais les sans-papiers, qui attendent eux aussi des nouvelles de leur demande de régularisation, dénoncent une rupture de confiance. Inquiets pour leur avenir, certains n’excluent pas de prendre leur grève de la faim. « Si d’autres décisions négatives commencent à tomber, ça risque d’être la même chose que le 23 mai (quand la grève a commencé), ce sera la cata », a averti un porte-parole de l’Union des sans-papiers pour la régularisation, Tarik Chaoui.

À l’entrée de l’église du Béguinage, où leur vie ne tenait plus qu’à un fil, des calicots ont été accrochés sur lesquels on peut lire « que des trafiquants d’espoir » ou encore « l’homme vaut sa parole ou il vaut rien ».

Loterie du séjour

En juillet dernier, le mouvement avait pris fin après une « main tendue » par le gouvernement fédéral. Celui-ci avait refusé une régularisation collective pour tous les manifestants, mais accepté une analyse au cas par cas. Plus de deux mois après cet accord, l’avis négatif dans le dossier de Nezha prouve que la procédure de régularisation de séjour est toujours aussi opaque et arbitraire. Elle s’apparente davantage à une loterie qu’à un examen sur base de critères objectifs et permanents, comme le réclament de longue date les associations.

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