Vers une écriture plus inclusive en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Ce nouveau décret devrait être d'application dès le 1er janvier.

Vers une écriture plus inclusive en Fédération Wallonie-Bruxelles ?
Illustration. (Crédit photo: Illustra/Maxppp)

Pour Bénédicte Linard, le Français utilisé en Fédération Wallonie-Bruxelles n’est pas encore assez mixte.

Dans un souci d’égalité, la ministre de la Culture, des Médias et des Droits des femmes aimerait actualiser le décret de juin 1993 concernant la féminisation des noms de métier.

L’écriture inclusive va-t-elle être imposée en Belgique francophone ?

Pas exactement, mais elle va servir de source d’inspiration. Comme le précise Le Soir, l’objectif est que la grammaire soit plus mixte, sans perdre en lisibilité. « Nous vivons dans une société qui n’est pas encore égalitaire en matière de genre », a commenté Bénédicte Linard dans le quotidien. « Ce décret vient appuyer la lutte contre les stéréotypes qui reproduisent aujourd’hui encore des inégalités ».

Il devrait être d’application au 1er janvier.

Quelles sont les nouvelles règles ?

L’idée de ce décret est que le langage écrit en FWB n’invisibilise pas les femmes. L’idée est donc d’utiliser à chaque fois le masculin et le féminin d’un mot. « Chères amies et chers amis », par exemple. Par souci de facilité, il est aussi recommandé de choisir des mots épicènes, qui regroupent les deux genres, comme dans « Chers camarades ».

Certains conseils du décret alourdissent le discours au lieu de le simplifier. Il est notamment demandé de préciser les termes collectifs (notre équipe, les femmes comme les hommes, devront…) voire même d’utiliser la forme passive.

Quand vous n’avez pas l’espace d’utiliser autant de mots que vous le souhaitez, il est recommandé d’utiliser le fameux point médiat, celui qui terrorise les détracteurs de l’écriture inclusive, comme des « tous.tes » au lieu de « toutes et tous ».

Que les plus réfractaires au changement se rassurent, le masculin générique, celui « qui l’emporte », reste utilisable pour ne pas surcharger un texte, mais uniquement s’il a été bien précisé auparavant que le sujet est mixte. L’objectif est tout de même de donner plus de visibilité au féminin.

À qui s’adresse ce décret ?

Évidemment, chacun est libre d’écrire comme il, ou elle, le souhaite dans sa vie quotidienne, idem pour les écrivaines et les écrivains.

Mais désormais, les nouvelles règles précisent bien quelles sont les institutions et autres autorités administratives qui devront les respecter. Cela vise donc les communes les provinces, les écoles, les associations, les opérateurs culturels, les médias, les mouvements sportifs, mais aussi la justice, le parlement, le gouvernement et les organes consultatifs.

Cela veut dire que tous ces secteurs doivent désormais communiquer en veillant à cette nouvelle écriture mixte, à l’orale comme à l’écrit, et également en interne. Les documents officiels et/ou administratifs, les courriers et les mails, les cours des professeurs sont donc concernés.

Par contre, cela ne visera que la Wallonie et pas Bruxelles, même c’était initialement prévu. Puisque la capitale n’appartient pas uniquement à la communauté française, et bien à une région bilingue, le Conseil d’État a indiqué que ce décret ne pourrait y être imposé.

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