Accord pour un pass sanitaire bruxellois qui serait appliqué « si les chiffres empirent »

Les secteurs potentiellement soumis au pass se disent inquiets mais la région tempère et assure que son application ne sera pas automatiquement pour octobre.

Accord pour un pass sanitaire bruxellois qui serait appliqué « si les chiffres empirent »
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Après l’accord survenu mardi soir entre Fédéral et entités sur le covid safe ticket, la Région bruxelloise pourrait y recourir à partir du mois d’octobre dans l’horeca, les salles de sport, les discothèques et autres. Dans ces secteurs, l’inquiétude est de mise et l’horeca a déjà alerté les autorités sur les conséquences que cela pourrait avoir.

L’élargissement du coronapass dans la capitale ne sera toutefois appliqué que si la situation épidémiologique et le nombre de contaminations devait sérieusement se dégrader, a précisé ce mercredi le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron (Ecolo).

De mauvaises perspectives mais rien d’édicté pour l’instant

« Nous introduirons le coronapass si et seulement si la situation épidémiologique se détériore sérieusement. Et si et seulement si nous pouvons de la sorte éviter de devoir fermer certains secteurs et activités« , a commenté le porte-parole du ministre. Rien ne permet d’affirmer à ce stade que ce coronapass sera appliqué dès le début du mois d’octobre à Bruxelles. « Il doit d’abord y avoir des débats au parlement et les ordonnances doivent aussi être rédigées« , ajoute-t-on au cabinet Maron.

Bruxelles est sensiblement en retard en matière de vaccination par rapport aux autres Régions. Le but du coronapass n’est pas d’encourager la vaccination dans la capitale, « mais bien de protéger le secteur horeca et des sports« . « Si la vaccination accélère, tant mieux, mais nous voulons surtout éviter de nouvelles fermetures« , selon ce porte-parole.

Le ministre-président Rudi Vervoort souligne aussi que l’introduction du pass n’est pas encore une certitude. Mais, « les chiffres ne sont pas bons. Nous devons donc avoir ce moyen à disposition« . Si le coronapass est introduit, il appartiendra alors aux exploitants horeca de contrôler les clients lors de leur arrivée dans leur établissement, précise M. Vervoort.

Plusieurs étapes encore nécessaires

Peu avant la déclaration du cabinet Maron, la porte-parole du ministre-président bruxellois, Zeynep Balci, évoquant pourtant bien la perspective d’un pass sanitaire dès octobre. « En principe, les règles sanitaires actuelles sont d’application jusqu’à la fin de ce mois. Ce serait donc bien si l’on pouvait faire la jonction en l’introduisant en octobre« , a-t-elle indiqué mercredi. Avant pareille introduction, plusieurs étapes seraient toutefois nécessaires. L’accord de coopération doit ainsi encore être approuvé en comité de concertation, ce qui devrait être réalisé ce mercredi par voie électronique. Ensuite, le Conseil d’Etat doit être consulté, ce qui ouvrira ensuite la voie à un débat au parlement bruxellois. Il appartiendra ensuite au gouvernement bruxellois de déterminer quels secteurs seront concernés.

L’accord trouvé mardi soir permet aux Régions d’imposer le coronapass aux personnes de plus de 16 ans dans différents secteurs d’activités pour y limiter la propagation du coronavirus. Il s’agit de l’horeca, des salles de sport, des discothèques, des salles de danse, des bourses et salles de conférence. Pour les événements de grande taille, le covid safe ticket reste d’application pour les plus de 12 ans. « L’accord de coopération offre beaucoup d’espace et de possibilités pour discuter de toutes ces choses. Nous allons voir lesquelles nous allons utiliser« , a conclu Mme Balci.

L’horeca réclame les mêmes règles pour tout le pays

Le secteur de l’horeca n’a pas tardé à réagir suite à l’accord de mardi soir. Les règles sanitaires concernant l’horeca devraient s’appliquer de manière similaire partout en Belgique, réclame mercredi la fédération sectorielle bruxelloise, en réaction à la potentielle introduction d’un pass sanitaire pour fréquenter les établissements de la capitale à partir du 1er octobre.

« La situation sanitaire n’est pas seulement mauvaise à Bruxelles, elle l’est aussi en périphérie et dans des grandes villes de Flandre et de Wallonie« , a pointé auprès de l’agence Belga l’administrateur de la fédération horeca Bruxelles, Fabian Hermans. « Des règles nationales permettraient aussi d’éviter une concurrence entre les régions« . En outre, le secteur n’a pas le personnel pour effectuer les vérifications, affirme M. Hermans.

La fédération n’est pas radicalement pour ou contre le pass sanitaire, mais elle s’oppose à toute mise en cause des propriétaires d’établissements. Elle plaide dès lors pour un système « à l’italienne« , qui repose sur la bonne foi du client. En cas de contrôle par les autorités, s’il n’était pas en ordre, ce serait dès lors sa responsabilité et non celle de l’exploitant, détaille Fabian Hermans. « Nous ne sommes pas des gendarmes« , conclut l’administrateur.

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