"Dites cheese": la Nasa explique pourquoi le Soleil nous "sourit"

Une image du Soleil faisant un grand «sourire» a été abondamment relayé sur les réseaux sociaux après sa publication par la Nasa.

Le «sourire» du Soleil
Le «sourire» du Soleil, photographié par l’Observatoire de la dynamique solaire ©Capture d’écran Twitter

Dans le domaine de l’astronomie, certaines actualités sont moins réjouissantes, comme ce nouveau géocroiseur "potentiellement dangereux" tout juste découvert, et d’autres sont plutôt drôles. En témoigne cette image du Soleil rendue publique par la Nasa jeudi dernier. On y voit notre étoile… avec un grand "sourire". Non, il ne s’agit pas d’une blague d’Halloween mais d’un cliché véridique pris par l’Observatoire de la dynamique solaire, un programme spécialisé dans l’étude de cet astre. Explication de ce phénomène pour le moins insolite.

Les trous coronaux et la paréidolie

Dans sa publication, la Nasa donne plus de détails sur ce qui se cache derrière cette image: "Observées à la lumière ultraviolette, ces taches sombres sur le Soleil sont connues sous le nom de trous coronaux et sont des régions où de la matière solaire est projetée dans l’espace". Concrètement, ces zones sombres constituent le point de départ des vents solaires qui, en croisant notre planète, provoquent les aurores polaires voire des perturbations magnétiques. Puisque ces trous coronaux ont perdu de la matière, ils sont temporairement moins chauds et denses, d’où la différence comparé au reste de la surface du Soleil.

Ça, c’est pour l’explication purement physique. Mais évidemment, c’est bien nous qui "inventons" ce sourire de notre étoile. Cet effet est bien connu en psychologie et porte même un nom: la paréidolie. C’est cette dernière qui nous fait voir des formes familières dans les nuages, ou dans les objets du quotidien. On peut également citer le cas de plusieurs reliques religieuses (avec le visage de Jésus ou de la Vierge Marie par exemple).

Une étude de 2014 a étudié la paréidolie en exposant des personnes à des lettres se succédant à très grande vitesse (environ 40 et 70 millisecondes d’exposition chacune). Il s’est avéré que certaines successions étaient perçues comme formant des mots, avec une fréquence particulièrement importante lorsque ces derniers avaient un sens moral (comme "pêché", "vertu", etc.), les autres possibilités étant moins facilement repérées (exemple: "virtuel", "utile"). Ce phénomène, connu sous le nom de "moral pop-out effect" ou "ressort moral", tend à montrer "qu’un message ayant un sens moral facilite la conscientisation visuelle d’un élément malgré l’ambiguïté du contexte", précise l’ULB qui relaye l’étude. "Il semble que la morale façonne bel et bien notre vision en facilitant la conscientisation perceptuelle de certains stimuli malgré leur ambiguïté. Ce phénomène répond à un besoin qui serait en lien avec notre désir d’un monde plus juste mais apporte aussi une certaine forme d’espoir dans les moments de doute et de souffrance".

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