Multiplier les journées sans voiture? L’idée fait débat à Bruxelles

La Région bruxelloise a sondé les communes sur l’idée de multiplier les journées sans voiture. Certaines communes sont partantes, moyennant des aides financières régionales. D’autres sont plus réticentes.

L’objectif de ces dimanches sans voiture est d’engager un débat sur la mobilité en ville, de changer les mentalités et de découvrir une Bruxelles plus calme
L’objectif de ces dimanches sans voiture est d’engager un débat sur la mobilité en ville, de changer les mentalités et de découvrir une Bruxelles plus calme @BELGAIMAGE

C’est un dimanche que les Bruxellois aiment cocher dans leur agenda, chaque année à la mi-septembre. Toute la journée (l’édition 2022 aura lieu ce 18 septembre), vélos, trottinettes et rollers s’élancent avec joie sur le bitume de la capitale. Entre 9h30 et 19h, la ville est à eux ; les voitures, priées de ne pas quitter le garage. L’objectif de ces dimanches sans voiture est d’engager un débat sur la mobilité en ville, de changer les mentalités et de découvrir une Bruxelles plus calme, apaisée.

En 2008, l’ex-ministre bruxellois de la Mobilité Pascal Smet (one.brussels) se montrait favorable à la multiplication de ces journées sans auto. En 2019, le Parlement approuvait une résolution visant à développer le concept pour lutter contre la pollution de l’air. Avant l’été, l’actuelle ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt (Groen) a mis à son tour sur la table trois scénarios pour 2023, soit une journée par mois, une par mois durant l’été ou une quatre dimanches par an.

De quoi (en partie) contenter certains Bruxellois ; selon un sondage relayé par l’association Les Chercheurs d’air, 58% des répondants seraient favorables à l’organisation d’une journée sans voiture… par semaine. Reste à faire monter à bord les communes. Celles-ci sont en effet capitales pour faire avancer le projet : ce sont elles qui doivent autoriser la fermeture à la circulation, délivrer les cartes de dérogation, coordonner l’événement via la police locale, organiser des activités…

Seulement si la Région met la main au portefeuille

Or, une telle mobilisation représente un coût non négligeable. "Nous devons assurer la sécurité des usagers et avoir assez de personnel pour empêcher la circulation dans tous les quartiers", détaillait à BX1 le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent De Wolf (MR). Le coût d’un dimanche sans voiture "représente environ 392 heures supplémentaires", chiffrait-il.

À Schaerbeek, deux temps pleins sont réquisitionnés pendant deux semaines rien que pour la gestion des demandes de dérogation du dimanche sans voiture, explique La Libre. Lors d’une réunion en juin avec Elke Van Den Brandt, la plupart des maïeurs des 19 communes ne se seraient montrés pas opposés sur le concept, pour autant que la Région accepte de mettre la main au portefeuille.

Plusieurs communes seraient en effet partantes pour une ou plusieurs journées supplémentaires, mais seulement si elles sont liées à d’autres événements déjà institutionnalisés. Dans La Libre, Philippe Close (PS), pour la Ville de Bruxelles, s’est dit enclin à "en faire une supplémentaire pendant la fête de l’Iris par exemple". Même chose pour son homologue d’Ixelles.

Impératifs économiques en balance

Ce n’est par contre pas le cas de la bourgmestre de Schaerbeek Cécile Jodogne (Defi), qui n’est pas favorable à la multiplication des journées sans voitures à l’échelle de toute la capitale. "Mais pourquoi pas des actions locales, dans des quartiers, dans une commune, pour des fêtes, braderies, etc.", disait-elle.

À Etterbeek, Vincent De Wolf (MR) refusait de trancher et préférait renvoyer aux acteurs économiques. Du côté de Shopera, la  fédération des commerçants du centre-ville bruxellois, on n’est pas contre le principe, mais comme pour Philippe Close, "on demande que ce soit alors des dimanches lors desquels des événements sont déjà organisés, comme la fête de l’Iris, l’Ommegang, la Zinneke… ". Et pas question de toucher aux samedis, "de très bonnes journées" pour le chiffre d’affaire des commerçants, expliquait le porte-parole de la fédération.

Sur le même sujet
Plus d'actualité