Le duel: le spectre de la guerre kosovare

Les tensions s’exacerbent entre la Serbie et le Kosovo. L’Otan, présente sur le terrain, veut éviter l’escalade.

Kosovo vs Serbia
Kosovo vs Serbia

Kosovo

L’origine du conflit

Les tensions historiques sont montées d’un cran il y a un mois quand le gouvernement kosovar a décidé que les documents d’identité et les plaques d’immatriculation serbes ne seraient plus valables sur le territoire du Kosovo. Sous pression occidentale, la mesure a été repoussée le 1er septembre. Des barricades ont tout de même été installées à la frontière, causant des affrontements entre la police et des ressortissants serbes.

Indépendance non reconnue

Si ces affrontements servent de prétexte pour remettre en cause l’indépendance du Kosovo, actée depuis 2008 par la plupart des pays occidentaux, mais non reconnue par la Serbie. Le Kosovo était jusque-là une ancienne province serbe.

La voix des dirigeants

Côté kosovar, on assure qu’aucune politique, opération policière ou blocus à la frontière ne vise spécifiquement les Serbes ou la minorité serbe du Kosovo. Le ministre de l’Intérieur a affirmé que l’opération policière liée aux barricades à la frontière était “dirigée contre les criminels”.

L’Otan déjà sur place

Le patron de l’Otan a appelé les dirigeants serbe et kosovar à “empêcher une nouvelle escalade”. Il a aussi envoyé des véhicules de l’Otan sur les principaux axes routiers du nord du Kosovo. Il veut absolument éviter un second conflit majeur en Europe, en plus de la guerre en Ukraine.

Serbie

Politique discriminatoire

Difficile de connaître l’origine des violences. Pour certains, la police kosovare a ouvert le bal. Pour d’autres, ce sont des Serbes membres d’une guérilla au Kosovo. Précisons aussi que pour Priština, sa politique n’est qu’une réponse logique à la loi serbe. Belgrade, en effet, applique aussi des mesures discriminatoires aux Kosovars qui veulent visiter le pays.

Le retour de la guerre?

Lever cette politique à l’égard des ressortissants kosovars reviendrait à reconnaître l’indépendance du Kosovo, ce qui est inaudible pour de nombreux citoyens serbes. Les diplomates de l’Union européenne et les dirigeants de l’Otan craignent ainsi un retour de la guerre dans les Balkans. Pour rappel, les guerres de Yougoslavie ont eu lieu entre 1991 et 2001.

Prêt à intervenir

Le président serbe Aleksandar Vucic a appelé les citoyens à ne pas réagir à la non-violence, “mais si le Kosovo commence à être violent, protégez votre peuple et nous vous soutiendrons”, a-t-il ajouté. Il a aussi affirmé qu’“il n’y aura pas de colonnes de réfugiés” et que la Serbie “sauvera la population des persécutions si l’Otan ne veut pas le faire”.

Moscou à la rescousse?

La Serbie est un allié de la Russie de Poutine. Les deux pays ont signé un pacte d’alliance militaire en 2013. L’Otan craint donc que Moscou encourage la Serbie à intervenir au Kosovo afin de détourner l’attention de l’Ukraine.

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