L’augmentation des prix de l’énergie va-t-elle faire abandonner le télétravail cet hiver?

Imposé pendant le Covid, le télétravail pèsera ­davantage sur la facture énergétique des ménages cet hiver. De là à perdre ses partisans?

Télétravailleur en conférence Zoom
Un télétravailleur en conférence Zoom devant son ordinateur, le 2 janvier 2022 @BelgaImage

Le télétravail s’est imposé depuis la crise Covid, mais il pourrait perdre de son élan dès cet hiver. C’est que chauffer 24 heures sur 24 leur domicile sera intenable pour de nombreux travailleurs. Et cela sans compter les frais d’électricité provenant des autres postes que le chauffage. Pour cer­taines personnes actives, la solution est donc déjà toute trouvée: retourner au bureau à temps plein. “Il est évident que les gens vont tenter de trouver des solutions face à la hausse importante des prix de l’électricité et du gaz. Huit heures par jour où vous ne devez pas chauffer votre domicile: le calcul est vite fait. Nous nous attendons donc à ce que plus de travailleurs passent plus de temps au bureau ou dans leur entreprise cet hiver”, explique le porte-parole néerlandophone de Test Achats Simon November, à Het Laatste Nieuws.

Notre confrère La DH a approfondi l’analyse. Se basant sur les chiffres fournis par la CREG (la Commission de régulation de l’électricité et du gaz), ils ont évalu à 1.844 euros le montant maximum qu’un travailleur ou une travailleuse pourrait économiser cet hiver en retournant bosser sur son lieu de travail. Un montant énorme que le quotidien relativise lui-même. Il reconnaît le cas extrême d’une personne qui travaillerait à 100 % de chez elle et qui aurait accès à un transport gratuit pour se rendre au bureau. Vu l’augmentation du prix de l’essence, la donnée est évidemment à prendre en compte. Mais quoi qu’il en soit, le chiffre est surtout symbolique et rappelle la réalité du travail à domicile, aux multiples bienfaits, certes, mais qui risque de s’avérer extrêmement coûteux.

" À partir du moment où les bureaux sont ouverts, ils sont chauffés l’hiver "

Dans L’Écho, Olivier de Wasseige, administrateur délégué et directeur général de l’Union wallonne des entreprises (UWE), estime “qu’à partir du moment où les bureaux sont ouverts, ils sont chauffés l’hiver. Ça n’aurait pas de sens de forcer les ­travailleurs à rester en télétravail. S’ils pré­fèrent faire des économies de chauffage… ça ne pourra que renforcer la cohésion des ­équipes”. Mais il rappelle que des conventions ont été signées, avec des primes de télétravail comprenant les frais de chauffage. Une prime perdue si l’employé retourne au bureau.

On aura en tout cas rarement autant paniqué à l’idée de voir l’hiver arriver, alors que les importations de gaz russe s’apprêtent à drastiquement diminuer. Certains s’at­tendent d’ailleurs à des coupures d’électricité, des pénuries de gaz… En réalité, la Belgique est assez peu dépendante du gaz russe, s’approvisionnant davantage au Royaume-Uni et en Norvège. De plus, de nouvelles règles européennes en matière de sécurité d’approvisionnement garan­tissent aux ménages et aux établissements comme les hôpitaux et les écoles l’exemption de toute mesure de rationnement de gaz. Donc en Belgique, comme dans toute l’UE, des appels à une consommation ­raisonnable seront peut-être lancés, mais nous devrions pouvoir passer l’hiver 2022 sans trop de casse au niveau des pénuries. Mais il risque d’être rude pour notre ­portefeuille.

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