Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté veut la fin du statut cohabitant

Pour le RWLP, cette réglementation entraîne une trop forte diminution des diverses allocations de remplacement si le bénéficiaire de ces aides décide de vivre avec d'autres.

Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté veut la fin du statut cohabitant
Christine Mahy, secrétaire générale du Réseau wallon de lutte contre la pauvreté. (Crédit photo: Belga)

Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP) lance jeudi sa campagne de fond « Stop statut cohabitant« , une réglementation qui entraîne une trop forte diminution des diverses allocations de remplacement (chômage, revenu d’intégration sociale, etc.) si le bénéficiaire de ces aides décide de vivre avec d’autres, selon l’organisation.

« Il s’agit d’une violence d’État appliquée aux populations les plus fragilisées, créée dans le but de faire des économies. Une sorte d’impôt qui ne dit pas son nom, appliqué aux petits revenus puisqu’il s’agit de prélever une part à des allocations complètes déjà bien maigres« , dénonce ainsi l’organisme wallon.

Le RWLP se base par exemple sur les chiffres de revenus de chômage présentés sur le site de l’Onem : au 13e mois d’allocation, un chômeur isolé voit sa pension minimale s’élever à 1.161,42 euros, un revenu qui descend 855,14 euros (soit 306 euros de moins) pour un cohabitant.

Selon le réseau wallon, le statut cohabitant est, en outre, discriminatoire envers les femmes (80% des chômeurs cohabitants sont des femmes selon un rapport de 2000 du Conseil économique et social des Nations Unies), et renferme un véritable impact social négatif, en poussant à l’isolement, au mauvais logement et en affectant les relations familiales et amicales, entre autres.

Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté en appelle donc à une « vraie réforme fiscale ambitieuse » et à une « suppression, à commencer pour les jeunes adultes sous cette législature, et totale dans le programme du prochain gouvernement« .

Pour sensibiliser la population sur le sujet et tenter d’imposer le débat aux politiques, le RWLP lance donc sa campagne à une dizaine de jours de la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté (17 octobre), qui sera le point d’orgue de leurs actions de communication. Diverses actions seront menées à l’occasion de cette journée, mais un travail de fond, à base de capsules vidéo, d’affiches, d’animations (etc.) est aussi entamé, et ce jusqu’en 2024, promet l’organisation.

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