Hausse des prix : certaines factures de gaz pourraient faire un bond de 600 euros

La Creg a publié une étude sur les répercussions de la crise énergétique.

Hausse des prix : certaines factures de gaz pourraient faire un bond de 600 euros
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Sur les marchés de gros, les prix du gaz naturel ont encore augmenté de 20% mercredi. Le TTF-Future néerlandais, un des contrats de référence pour le gaz, a atteint 161,50 euros par mégawattheure (MWh) mercredi matin. De mémoire de trader, ces « hauteurs absurdes », c’est du jamais vu. « La flambée actuelle des prix de l’énergie en Europe est vraiment unique », ont réagi les analystes de Société Générale, « jamais auparavant les prix de l’énergie n’avaient augmenté aussi haut et aussi vite ».

Alors que rien ne semble pouvoir arrêter cette poussée de fièvre, une étude de la Creg s’est justement penchée sur le phénomène. À court terme, les prévisions de la Commission de régulation de l’électricité et du gaz ne sont guère réjouissantes. Sur base des prix moyens de septembre 2021, la Creg estime que la hausse des prix de l’énergie s’élèvera à 116 euros sur la facture annuelle d’électricité (pour une consommation de 3.500 kWh/an) et à… 598 euros sur la facture annuelle de gaz naturel (23.260 kWh/an).

Les contrats fixes protégés

Les consommateurs, du moins ceux ayant souscrit à un contrat à prix variable, doivent donc s’attendre à une augmentation, entre avril 2021 et mars 2022, de 714 euros (par rapport à 2019). Et le régulateur belge d’enfoncer le clou : « Sur la base des prix à terme pour le quatrième trimestre 2021 et le premier trimestre 2022, ces montants pourraient être encore plus élevés ». Rappelons en effet que la Creg s’est basée, pour ses prévisions, sur les prix en vigueur au mois de septembre. Prix qui ont depuis encore grimpé ; certains experts s’attendent d’ailleurs à ce qu’ils ne se stabilisent pas avant la fin de l’année. La précédente projection de la Creg, réalisée à partir des prix moyens au mois d’août, évaluait l’impact de la hausse des prix à « seulement » 133 euros… À un mois d’écart, la différence entre les deux prévisions est donc énorme.

Mais attention : 65% des ménages belges ont un contrat fixe pour l’électricité, et 55% pour le gaz naturel. À moins que leur contrat fixe n’arrive justement à échéance, ceux-ci restent protégés. Exercice délicat par nature, la Creg s’est risquée à voir un poil plus loin, et note que « le marché considère que les prix du gaz devraient commencer à baisser à partir de l’été 2022 ». Pour un retour à une situation similaire d’avant covid, ça devrait plutôt être 2024, précise le régulateur.

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