Enquête contre le chancelier autrichien pour corruption

La coalition gouvernementale pourrait être mise en péril par ces nouvelles accusations du corruption.

Enquête contre le chancelier autrichien pour corruption
Sebastian Kurz le 9 septembre 2020 à Vienne, en Autriche @BelgaImage

Les services judiciaires autrichiens ont ouvert une enquête pour corruption contre le chef du gouvernement Sebastian Kurz et certains de ses associés. Cela ressort d’une déclaration des services autrichiens de lutte contre la corruption (WKSTA) mercredi. Plus tôt dans la journée, des perquisitions avaient eu lieu à la chancellerie et au siège du parti au pouvoir ÖVP (Parti populaire autrichien).

Des enquêtes en série

La chancelier et ses collègues sont soupçonnés d’avoir utilisé l’argent des contribuables pour acheter une couverture médiatique positive. Selon la WKSTA, les faits remontent à 2016. Kurz était alors ministre des Affaires étrangères, mais avait l’ambition de devenir leader du parti conservateur ÖVP. Ce poste lui donnerait également l’opportunité de devenir le prochain chancelier autrichien. Selon les chercheurs, il existe des preuves que les fonds du département du Trésor ont été utilisés pour publier «des sondages purement politiquement motivés et parfois manipulés par une société de recherche», ce qui s’est avéré positif pour Kurz. Des paiements à la société de médias «Österreich» auraient également été effectués. «À aucun moment il n’y a eu d’accord entre le groupe de médias Österreich et le ministère des Finances sur le paiement d’enquêtes par le biais de publicités», rapporte la société de médias.

Depuis janvier 2020, Sebastian Kurz gouverne l’Autriche à la tête d’une coalition avec les Verts, un second mandat obtenu après le scandale de corruption, l’Ibizagate, qui a éclaboussé le FPÖ (extrême-droite) et fait voler en éclat l’alliance que le chancelier avec conclu avec ce parti en mai 2019. Depuis que l’ex-leader du FPÖ Heinz-Christian Strache a été surpris par des images de caméra cachée le montrant en 2017 durant des vacances à Ibiza en train de monnayer des contrats publics en échange d’un financement occulte de sa campagne électorale, les enquêtes pour corruption présumée se sont multipliées contre la classe politique autrichienne.

Les conséquences politiques de l’enquête sur la corruption ne sont pas encore claires. Une crise gouvernementale semble toutefois inévitable. Les Verts, partenaire de coalition de l’ÖVP, ont toujours souligné que pour eux seule une «politique propre» est possible.

Le ministre des Finances, Gernot Blümel, un proche de M. Kurz, est déjà mis en cause et  soupçonné d’être impliqué dans le financement occulte du parti par le géant mondial des jeux d’argent Novomatic. Son domicile a été perquisitionné en février. Le chancelier autrichien lui-même est visé par une enquête du parquet, sans être inculpé. La justice soupçonne M. Kurz d’avoir menti l’an dernier devant des députés qui cherchaient à savoir s’il était intervenu dans la nomination d’un proche, Thomas Schmid, à la tête d’une holding publique.

Sur le même sujet
Plus d'actualité