Des jeux violents inspirés de «Squid Game» chez les enfants: des écoles sonnent l’alarme

Des écoles hennuyères évoquent des coups, notamment avec un fouet, en cas de défaite lors de "jeux". Les autorités ont relayé un appel à la vigilance des parents.

Des jeux violents inspirés de «Squid Game» chez les enfants: des écoles sonnent l’alarme
Une reproduction de la poupée jouant à « 1, 2, 3, soleil » dans Squid Game, devant un centre commercial de Quezon City aux Philippines, le 30 septembre 2021 @BelgaImage

Si vous avez vu «Squid Game», ou du moins la bande annonce, vous savez ce qui se passe au début de la série à succès. Des personnes jouent à «1, 2, 3, soleil» et celui qui bouge est abattu. Manifestement, cette scène a inspiré des jeunes qui ont outrepassé « l’interdiction » pour les moins de 16 ans de la regarder. Certains ont ainsi commencé à faire de même en remplaçant les exécutions par des coups. C’est ce que les écoles communales d’Erquelinnes Centre/Béguinage ont pu constater dans le Hainaut. Elles viennent de tirer la sonnette d’alarme avec un message Facebook partagé plus de 23.000 fois en une trentaine d’heures.

«Dramatique pour les enfants»

Interrogés par la RTBF, des écoliers d’Erquelinnes confient que non seulement ces faits sont véridiques mais qu’en plus, les perdants se font «fouetter avec un cordon». Le personnel a rapidement pris connaissance du phénomène et la direction a décidé de réagir immédiatement. «Nous sommes très vigilants pour que ce jeu malsain et dangereux soit stoppé! Nous comptons sur votre soutien et collaboration pour sensibiliser vos enfants aux conséquences que cela peut engendrer (…) Des sanctions seront prises vis-à-vis des enfants qui continueront ce jeu», écrivent les écoles d’Erquelinnes sur Facebook.

Les professeurs ont eux aussi pris les devants. «On a réuni les enfants, on a discuté. On leur a expliqué que c’était dangereux, que ça ne devait pas se reproduire dans une cour de récré ni même à la maison», raconte une enseignante de 5e-6e primaire. «Ils se sont remis en question. J’ai vu chez certains des remords. Je pense que maintenant, ils ont compris». La directrice de l’école communale d’Erquelinnes confirme qu’il n’y a pas eu de blessés graves «mais c’est déjà dramatique pour les enfants».

Le bourgmestre David Lavaux invite de son côté les parents à «rester attentifs», comme il le répète à L’Avenir, «parce qu’à leur âge, ils reproduisent forcément ce qu’ils voient… C’était déjà le cas avec Zorro ou Thierry la Fronde pour les plus anciens». Un rappel confirmé à la RTBF par Bruno Humbeeck, psychopédagogue à l’UMons: «C’est quelque chose qui a toujours existé. Un groupe d’enfants, ce n’est pas le pays des bisounours. L’agressivité peut se mettre en place très facilement si les adultes ne sont pas présents pour la gérer». Pour ce faire, il conseille de «mettre en place des systèmes pour que les enfants comprennent qu’on ne peut pas faire société sans des lois».

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