Hausse du prix de l’énergie: les partis rivalisent de propositions, Solidaris demande une «action rapide»

Chaque acteur y va de sa petite idée pour aider les Belges à faire face à la facture toujours plus lourde du prix du gaz et de l’électricité.

Hausse du prix de l’énergie: les partis rivalisent de propositions, Solidaris demande une «action rapide»
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Plusieurs partenaires de la coalition Vivaldi ont formulé ces derniers jours des propositions pour faire face à l’augmentation du prix de l’énergie. Dernier en date, le MR qui propose un système provisoire de cliquet. En parallèle, face à l’envolée des prix du gaz et de l’électricité sur les marchés, Solidaris exhorte le gouvernement à «une action rapide et structurelle». La mutualité socialiste plaide pour la prolongation du tarif social et l’automatisation des droits, indique-t-elle mercredi dans un communiqué.

Chaque parti avance ses propositions

La Commission de Régulation de l’Energie et du Gaz (CREG) a mis en garde à la fin août les consommateurs contre l’augmentation du prix de l’énergie, particulièrement pour les clients qui ont conclu un contrat variable. Le régulateur a calculé qu’un ménage moyen pourrait dépenser 1.000 euros par an pour l’électricité et 1.600 euros par an pour le gaz, et il est attendu que ces prix grimpent encore.

Mardi, dans le cadre des discussions budgétaires, la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen), a proposé d’étendre le tarif social du gaz et de l’électricité. Une extension a déjà eu lieu cette année, permettant au total à environ un million de ménages de bénéficier de ce tarif. Mais celle-ci expire à la fin de l’année. La ministre écologiste souhaite prolonger la mesure.

Le PS a proposé un rabais forfaitaire. Le MR suggère quant à lui un mécanisme provisoire de cliquet. «Eu égard au fait que près de 60% de la facture sont des taxes et des coûts de gestionnaire de réseau de distribution (GRD), on peut, pour faire face à un pic ponctuel, avoir un système de cliquet sur la taxation environnementale et coûts de GRD afin d’aider le public qui en a besoin», a expliqué le président des libéraux francophones, Georges-Louis Bouchez, sur Twitter. Le MR ne veut pas «subventionner la consommation d’énergie», une mesure qui serait contraire, selon lui, aux objectifs de réduction de la consommation, et appelle à financer l’isolation des bâtiments «sans attendre». L’augmentation du pouvoir d’achat doit passer par une baisse de la fiscalité sur le travail, a-t-il ajouté.

Dans l’opposition, le PTB a appelé à une réduction de 21% à 6% de la TVA sur l’énergie. Le cdH plaide lui aussi dans ce sens mais en plafonnant la quantité concernée pour éviter un effet pervers sur la consommation. Il voit également d’un bon œil l’élargissement du tarif social et préconise aussi une réduction des coûts de distribution.

Solidaris favorable à l’avis de Tinne Van der Straeten

Du côté de Solidaris, la mutualité socialiste considère favorablement le fait que depuis le 1er février 2021, les bénéficiaires d’Interventions majorées (BIM) bénéficient d’un tarif plus avantageux pour le gaz et l’électricité. «Cette mesure utile et juste sur le plan social doit être prolongée. Il n’est pas envisageable, dans un contexte socio-économique déjà difficile, de laisser les plus vulnérables seuls face à une envolée des prix de gaz et d’électricité», estime la mutualité socialiste. Solidaris soutient dès lors la proposition de la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten de prolonger le tarif social pour un million de ménages et l’exhorte à envisager une prolongation au-delà du 31 décembre 2021.

La mutualité pointe par ailleurs une autre difficulté. «Trop souvent, les bénéficiaires de l’intervention majorée ignorent les avantages auxquels ils ont droit», souligne-t-elle. «Il y a aujourd’hui un double problème qui se pose: d’abord une dérégulation des marchés qui conduit nécessairement à un mauvais contrôle du prix de l’énergie, le rendant très fluctuant, et, ensuite, un non-recours aux droits des BIM, accentuant leur vulnérabilité face à des prix instables», insiste le secrétaire général de l’union nationale des mutualités socialistes-Solidaris, Jean-Pascal Labille. C’est pourquoi Solidaris plaide pour une automatisation des droits et notamment du tarif social pour les BIM.

Des prix qui flambent

Les prix du gaz et de l’électricité connaissent une forte augmentation en raison notamment de la reprise économique. L’année dernière, ils avaient atteint un niveau historiquement bas. D’après les calculs de la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG), «pour un ménage avec une consommation de 3500 kWh/an d’électricité et de 23.260 KWh/an de gaz, la hausse de la facture annuelle au mois d’août 2021 par rapport aux prix pratiqués au mois d’août 2019 s’élève donc en moyenne à 133 € (181 € par rapport à août 2020)». Pour la CREG, cette augmentation est due à la «la demande élevée de gaz en Asie», à «une demande de gaz plus élevée que les autres années en Europe et des niveaux de stockage qui restent en deçà des niveaux habituels». Ont aussi joué un rôle «des travaux de maintenance de certaines installations gazières durant l’été ainsi que divers incidents [qui] ont réduit l’offre», ainsi que «l’augmentation du prix du CO2 en Europe [qui] a eu tendance à faire augmenter, ces derniers mois, la demande de gaz naturel (au détriment du charbon devenu moins compétitif)».

Et cela pourrait encore s’aggraver par la suite. En une semaine, le prix du gaz a encore augmenté de 20% et selon le spécialiste des questions énergétiques Damien Ernst, interrogé par RTL Info, «le prix de l’électricité est déterminé par le prix du gaz, donc l’électricité est en train de grimper». Un mauvais présage alors que l’arrivée de l’hiver fera immanquablement flamber la facture énergétique.

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