Comment la crise sanitaire va-t-elle finir ?

D’après les études et données d’aujourd’hui, la pandémie finira plus vite dans les pays massivement vaccinés et surtout, où le virus a beaucoup circulé.

Comment la crise sanitaire va-t-elle finir ?
(Crédit: Belga)

 

Confinements, déconfinements, vaccination, masques… Tout le monde a très envie que cette pandémie de Covid-19 soit derrière nous. Même si une bonne partie du pays est désormais immunisée, nous devons toujours respecter les règles sanitaires pour éviter que le variant Delta se propage.

Dès lors, une question persiste : quand cette crise finira-t-elle vraiment ? Quand est-ce que le coronavirus ne sera plus qu’un souvenir ?

Pour The Conversation, Paul Hunter, professeur de médecine à l’Université d’East Anglia et consultant pour l’Organisation mondiale de la santé, s’exprime à ce sujet.

Il explique que d’après les données et études actuelles, le SRAS-CoV-2, ce fameux coronavirus à l’origine de la pandémie, ne devrait pas disparaitre, mais bien rester présent dans la nature. Il le compare à la « grippe russe » de 1889. Aujourd’hui, on imagine qu’il ne s’agissait pas réellement d’une grippe, mais bien déjà d’un autre coronavirus.

« La pandémie de « grippe russe » a provoqué quatre ou cinq vagues de maladies pendant cinq ans, puis a apparemment disparu », raconte le professeur. « En Angleterre et au Pays de Galles, la plupart des décès qu’elle a causés se sont limités aux années 1890-91. Le virus CO43, la cause potentielle, circule encore aujourd’hui, mais provoque rarement des maladies graves. »

Selon lui, le SRAS-CoV-2 pourrait avoir un destin similaire.

Jamais 100%

Paul Hunter rappelle également que les vaccins protègent, mais n’éliminent pas le virus. De plus, ils sont extrêmement efficaces, mais jamais à 100%. « Avant même l’arrivée du Variant Delta, on voyait des personnes doublement vaccinées attraper le virus et le transmettre. Les vaccins étant moins efficaces face à ce variant que contre les autres formes du virus, la possibilité d’une infection post-vaccination a augmenté. »

De plus, il a été montré que l’immunité diminue avec le temps, donc une réelle immunité collective n’est pas possible. « Le Covid-19 est donc susceptible de devenir endémique, les taux d’infection quotidiens atteignant un plateau en fonction du degré d’immunité et de mélange dans la population. »

Hunter explique aussi que les autres coronavirus susceptibles d’infecter les humains provoquent des infections répétées en moyenne tous les trois à six ans. Il prend l’exemple de son pays, le Royaume-Uni.

Si notre coronavirus évolue comme les autres, entre un sixième et un tiers de la population britannique pourrait être infecté par le Covid-19, soit entre 30 000 et 60 000 personnes par jour !

Si cela ressemble à un scénario catastrophe, le médecin tempère. Si le vaccin n’empêche pas d’attraper le Covid, il protège bien des formes graves de la maladie. Pour les autres coronavirus, c’était pareil. Les infectés n’ont aucun symptôme ou un petit rhume. Et il semblerait qu’on se dirige vers un scénario similaire avec le Covid-19.

Chacun son tour

Pour le Britannique, la fin de la pandémie variera donc selon les pays, leur taux de vaccination, mais aussi leur nombre de cas. En effet, les malades guéris profitent d’une immunité naturelle, qui joue un rôle aussi.

Les pays avec beaucoup de vaccinés et où il y a eu beaucoup de malades, la majorité de la population aura des anticorps contre le Covid-19 et beaucoup de malades ne le seront pas gravement. Surtout qu’avec des réinfections répétées, mais inoffensives ou des rappels du vaccin, de plus en plus de personnes positives seront asymptomatiques, ou légèrement enrhumées, avec le temps. « Le virus restera parmi nous, mais la maladie fera partie de notre histoire. »

Ce qui signifie également que les pays avec un haut taux de vaccination, mais où il y a eu peu de malades, beaucoup de personnes resteront sensibles à la maladie. Même si quelques milliers de personnes n’y sont pas vaccinées, celles-ci peuvent développer une forme grave du Covid-19 comme on en a vu tant au printemps 2020.

Selon Paul Hunter, les pays dans cette situation vont devoir choisir avec attention à quel moment déconfiner. « Trop tôt, de nombreuses personnes attendront encore avant de se faire vacciner. Trop tard et l’efficacité des vaccins chez les personnes déjà vaccinées pourrait commencer à diminuer. »

Le professeur britannique conclut en rappelant que le but principal de la vaccination n’est pas d’empêcher les infections au coronavirus, mais bien d’éviter les maladies graves et les décès.

« Chez les personnes qui ont déjà subi une première ou une deuxième infection naturelle, les vaccins n’apporteront qu’une protection relativement faible. Pour réduire au maximum la gravité de la maladie, les vaccins doivent être administrés dès maintenant au plus grand nombre de personnes possible. »

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