De la " miaousique " aux vieux chewing-gums, voici les " Nobel " de l’absurde

À ne pas confondre avec les prix Nobel, les Ig Nobel, rendus cette nuit, célèbrent les recherches les plus improbables de la science.

De la « miaousique » aux vieux chewing-gums, voici les « Nobel » de l’absurde

La science ne se prend pas toujours au sérieux. Les Ig Nobel en sont la preuve. Nommés par un jeu de mots en référence à la fois aux prestigieuses récompenses et à la prononciation du mot « ignoble » en anglais, ces prix reviennent aux études scientifiques les plus loufoques, mais menées en bonne et due forme.

Depuis trente ans, ils sont d’ailleurs régulièrement décernés par des prix Nobel. Cette année, cet honneur est revenu notamment à Frances Arnold, Nobel de chimie 2018, Carl Wieman, Nobel de physique 2001, ainsi que Eric Maskin, Nobel d’économie 2007.

Ces Ig Nobel sont le fruit de l’imagination de Marc Abrahams, mathématicien diplômé de l’Université Harvard et éditeur de la revue Annals of Improbable Research. Leur objectif ? « Faire rire, puis réfléchir ». Et le palmarès de cette édition ne déroge pas à la règle. Par exemple, lorsque l’anti-Nobel de la paix est revenu à une étude validant l’hypothèse selon laquelle les humains ont développé des barbes pour se protéger des coups de poing au visage. Ou dans la catégorie « économie », récompensant une étude montrant que, dans les anciennes républiques soviétiques, la corpulence des membres d’un gouvernement était directement corrélée avec le degré de corruption du pays.

Les études faisant intervenir des animaux ont eu pas mal de succès cette année. En biologie, une étude suédoise s’est intéressée à la « miaousique », c’est-à-dire aux différents modes de communication vocale qu’utilisent les chats pour réclamer quelque chose à leurs maîtres-esclaves. En entomologie, des chercheurs se sont penchés sur une nouvelle méthode pour lutter contre les cafards dans des sous-marins. En transport, une étude menée en Namibie a tenté de savoir si suspendre des rhinocéros anesthésiés par les pattes était nocif pour leur santé. Apparemment, ce serait même plutôt sûr.

Citons encore, dans la catégorie environnement, l’analyse génétique des chewing-gums jetés sur les trottoirs de divers pays, ce qui a permis de constater que des bactéries pouvaient facilement y survivre pendant de longues périodes. En médecine, cet article prouvant que l’orgasme était un bon décongestionnant nasal. Enfin, l’Ig Nobel de physique a quant à lui récompensé une équipe qui a tenté d’expliquer par quel miracle les piétons n’entrent pas constamment en collision avec d’autres piétons. Mais il a été nuancé par l’Ig Nobel de cinétique essayant de comprendre pourquoi certains piétons se rentrent quand même dedans.

Quelles récompenses à la clé ? Les lauréats reçoivent un trophée qu’ils doivent assembler eux-mêmes à partir d’une impression PDF, ainsi qu’un billet de 10.000 milliards de dollars zimbabwéens… une monnaie qui ne vaut plus rien aujourd’hui.

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