Les policiers abusent de leurs bâtons partout dans le monde, selon Amnesty

Selon Amnesty International et Omega, fondation de recherche sur les armes policières et militaires, les forces de l'ordre utilisent abusivement leurs armes de type matraques, bâtons, etc.

Les policiers abusent de leurs bâtons partout dans le monde, selon Amnesty
Une brigade anti-émeute face à une manifestation de l’Horeca à Rome en avril 2021. (AFP)

 

Que ce soit en Belgique, au Bélarus, en Inde ou encore en Colombie, les forces de l’ordre font un usage abusif des armes de type matraques, lathis (bâtons longs) et sjamboks (fouets rigides), dénoncent jeudi l’organisation de défense des droits humains Amnesty International et la fondation de recherche sur les armes policières et militaires Omega. Celles-ci demandent dès lors des contrôles stricts sur le commerce de ces équipements, couramment utilisés.

Le Laboratoire de preuves du programme Réaction aux crises et le service de vérification numérique d’Amnesty International ont analysé plus de 500 vidéos enregistrées pendant des manifestations entre 2011 et 2021, et identifié et vérifié 188 cas d’utilisation abusive de bâtons de police. Parmi elles, Amnesty pointe des images filmées par le média bruxellois BX1, montrant des militants d’Extinction Rebellion recevoir des coups de matraques de policiers, alors que les manifestants sont de dos, certains les mains levées et marchent à contre-sens du dispositif policier.

Ailleurs, une vidéo filmée à Hong Kong montre plusieurs policiers frapper ensemble à coups de matraque et de façon répétée un jeune manifestant, notamment à la tête. « Les coups portés à la tête sont particulièrement dangereux et peuvent même être mortels« , souligne Amnesty. Or, « le droit international interdit de mettre en péril la vie d’une personne si cela n’est pas indispensable. La vidéo montre que les policiers avaient très clairement d’autres possibilités, moins préjudiciables, d’arrêter ce manifestant. »

Au Bélarus, on voit un policier frapper un manifestant derrière les jambes alors que ce dernier ne résiste pas à son arrestation. Maintenu par un membre des forces de l’ordre, le manifestant est ensuite frappé derrière la tête à coups de bâton et reçoit des coups de poing au visage et à l’estomac. « Inutiles et disproportionnés« , ces coups ont donc été administrés « à titre punitif, ce qui constitue une torture ou une autre forme de peine ou traitement cruels, inhumains ou dégradants« , rappelle l’association de défense des droits humains.

L’Organisation des Nations unies planche actuellement sur la création d’un cadre international réglementant le commerce d’équipements qui peuvent être utilisés pour torturer et infliger la peine de mort, et qui comprennent des équipements à létalité réduite tels que les bâtons et les gaz lacrymogènes. Ce groupe doit présenter son rapport à l’Assemblée générale en 2022.

« Nous demandons à tous les États de soutenir » cet instrument, plaide Michael Crowley, chargé de recherches pour Omega. « Pour que les choses changent réellement, il faut que cette réglementation couvre tous les types d’armes – comme les bâtons – les plus souvent utilisées de façon abusive à travers le monde par les responsables de l’application des lois« , conclut-il.

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