Faut-il limiter les dépenses des partis politiques sur les réseaux sociaux ?

Face aux dépenses vertigineuses des partis belges - surtout flamands - sur les réseaux sociaux, l'idée fait son chemin.

BELGA PHOTO JAMES ARTHUR GEKIERE

Faire campagne en politique, de nos jours, se joue surtout sur les réseaux sociaux. Et ça, les politiciens belges et leurs partis l’ont bien compris. Ils sont les champions ​​d’Europe des dépenses publicitaires sur Facebook, selon le classement réalisé par De Standaard. Sur ce top 10, seules trois personnalités ne viennent pas du plat pays.

Le leader indépendantiste Bart de Wever se démarque largement dans cet exercice, avec plus de 225.000€ dépensés entre janvier et juillet. Le président du PTB Peter Mertens arrive, lui, à la troisième marche du podium, avec 97.565€ dépensés en six mois. Suivent ensuite le chef du Vlaams Belang Tom Van Grieken (81.479€) et celui des socialistes flamands Conner Rousseau (73.560€). Jan Jambon (N-VA) se place en septième position (64.457€), devant le libéral Georges-Louis Bouchez (58.401€), le premier francophone, à la neuvième place. La première femme, Zuhal Demir (N-VA) clôture ce classement avec 54.566€ dépensés durant la première moitié de 2021.

Au niveau des partis politiques, le classement est une fois de plus dominé par les flamands. Sur un total de près de 2,7 millions dépensés, la N-VA a investi, à elle seule, plus d’un million d’euros en publicités sponsorisées. Soit le double de la somme dépensée par le Vlaams Belang (521.294€) ou le PTB (498.533€). Les autres partis flamands ont dépensé en moyenne entre 100.000 et 180.000€, tandis que les autres partis francophones investissent nettement moins sur les réseaux sociaux : 77.552€ pour le MR, 39.714€ pour le cdH, 14.822€ pour Ecolo, 11.415€ pour le PS et, en bout de file, 8.063€ pour DéFi.

Comme en période électorale

Face à de telles sommes, en particulier de la part des politiques flamands, le député fédéral Kristof Calvo a déclaré ce mardi sur Radio 1 vouloir instaurer « un plafond sur la publicité politique sur les réseaux sociaux », dans le cadre des projets de loi Groen-Ecolo sur « l’innovation démocratique ». « ​​Ce ne serait pas une interdiction, mais un montant maximum qui pourrait être de 500.000€ par parti », déclarait déjà fin août Gilles Vanden Burre, chef de file des Verts à la Chambre, à nos confrères de la Dernière Heure.

« En 2020, les partis belges ont dépensé un total de 10 millions d’euros en publicités. C’est plus qu’aux Pays-Bas lors d’une année électorale », a insisté Kristof Calvo. Selon les écologistes, cela doit prendre fin : « Nous voulons créer des règles du jeu équitables avec un plafond, où chacun a encore la possibilité de défendre son projet politique. »

Un tel encadrement existe déjà en période électorale, mais les écologistes, rejoints par les socialistes francophones, souhaitent également le mettre en place en dehors des campagnes.

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