Jean-Paul Belmondo, «as des as» du cinéma français, est décédé

L’acteur français a rendu l’âme à l’âge de 88 ans, après un long combat suite à son AVC survenu en 2001.

JOEL SAGET / AFP

Le cinéma français est en deuil ce lundi. Jean-Paul Belmondo est mort selon son avocat Michel Godest. « Il était très fatigué depuis quelque temps. Il s’est éteint tranquillement », déclare-t-il via les agences AFP et Belga, sans plus d’informations pour l’instant. Ainsi se termine l’histoire de celui qui était surnommé « Bebel », véritable star du grand écran, notamment aux alentours des années 1970. Il avait 85 films à son actif, ainsi que 32 pièces de théâtre, sans compter ses apparitions dans des téléfilms, des documentaires, etc.

Des débuts difficiles avant le succès

C’est le 9 avril 1933 que Jean-Paul Belmondo naît à Neuilly-sur-Seine, d’un père sculpteur né en Algérie mais d’origine italienne, et d’une mère peintre. Il grandit à Paris, y compris durant l’Occupation allemande, en passant par les écoles les plus réputées comme les lycées Louis-le-Grand et Henri-IV. Mais durant toute sa scolarité, il est plus attiré par le sport, puis par le théâtre en suivant les cours de l’acteur Raymond Girard. Ses parents ne s’opposent pas à ce choix, bien que venant de la bourgeoisie, mais sa carrière commence difficilement. Il lui faut deux ans pour être admis au Conservatoire et ses professeurs n’ont souvent pas beaucoup d’estime pour lui. Il en sort en 1956 sans parvenir à décrocher le premier prix qu’il voulait tant.

Puis il commence véritablement à faire ses débuts. Il joue d’abord au théâtre, souvent avec de petites apparitions. Il est presque inconnu du public jusqu’à ce que Jean-Luc Godard le prenne sous son aile. Jean-Paul Belmondo apparaît dans « À bout de souffle », qui s’avère être un succès. S’enchaînent ensuite non plus les pièces parisiennes mais les films. Il tourne dans « Un singe en hiver » d’Henri Verneuil (1962), « L’Homme de Rio » de Philippe de Broca (1964), « Cent mille dollars au soleil » (1964)… Cette fois-ci, sa carrière est véritablement lancée. En 1969, il attire 5,5 millions de spectateurs avec « Le cerveau » de Gérard Oury.

Mais son apogée, c’est les années 1970. Avec Alain Delon, il apparaît dans « Borsalino », puis il continue de travailler avec Philippe de Broca, Henri Verneuil, ou encore Claude Chabrol. Avec le deuxième, il décroche l’un de ses plus gros succès lors de la sortie du film « Peur sur la ville ». Chaque nouveau long-métrage de Belmondo est un succès en salle, comme avec ceux de Georges Lautner, ou encore « L’as des as » d’Oury en 1982. Il est au sommet de sa gloire, même s’il est préféré dans ses rôles plus comiques. Lui, pourtant, affirmera par la suite qu’il aurait aimé que ses rôles plus graves soient autant appréciés.

Au crépuscule du XXe siècle, les drames s’enchaînent. En 1993, il apprend que sa fille aînée est morte dans l’incendie de son appartement. Il est dévasté. En 2001, Jean-Paul Belmondo est victime d’un AVC qui le laissera en partie paralysé. Sa vie ne sera plus jamais la même et sa carrière en sera durement impactée, même s’il continue à apparaître au cinéma. Il lui est de plus en plus difficile de bouger, de parler, etc. Bref, il est trop affaibli. Il reçoit alors ses dernières récompenses, parmi les plus belles. Le festival de Cannes lui remet la Palme d’honneur en 2011, la Mostra de Venise le Lion d’or d’hommage en 2016. Des trophées remis à un homme qui n’est plus que l’ombre de lui-même, mais quel homme ! Ce 6 septembre 2021, c’est l’un des grands seigneurs du cinéma français qui est parti.

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