De plus en plus de mineurs vivent dans la rue à Bruxelles

Démunies, quatre organisations lancent un cri d'alarme sur la situation des mineurs étrangers non accompagnés qui ne cesse de s'aggraver.

Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Les mineurs étrangers non accompagnés (Mena) sont de plus en plus nombreux à être livrés à eux-mêmes dans les rues de Bruxelles, s’inquiètent lundi SOS Jeunes/Quartier libre AMO, Médecins sans frontières, Médecins du monde et la plateforme citoyenne Bxl Refugees. Selon les quatre organisations, les moyens qui permettraient d’accueillir ces jeunes manquent drastiquement.

En 2020, le service des Tutelles estimait le nombre total de Mena présent en Belgique à 600 ou 700 non seulement dans la rue mais aussi dans les différents centres (Fedasil, Croix-Rouge, etc.). Cependant, les organisations de terrain estiment que de nombreux mineurs ne sont pas recensés et qu’ils seraient, de facto, beaucoup plus nombreux. Un tiers des demandes pour les logements d’urgences mis en place par Médecins sans frontières en avril dernier émanaient de mineurs.

Des enfants de 9 ans

SOS jeunes affirme avoir rencontré 475 enfants, au cours des six premiers mois de 2021, ce qui représente près de 95% de ceux rencontrés sur l’ensemble de l’année 2020. L’augmentation est d’ailleurs plus marquée ces derniers mois puisque l’association a rencontré trois fois plus de mineurs en errance au mois de juin qu’au mois de mai.

Isolés dans la rue, ces enfants, n’ayant pour certains pas plus de 9 ans, sont confrontés a une précarité extrême qui entraine souvent une consommation excessive d’alcool ou de médicaments. « Ce qui frappe, c’est l’extrême vulnérabilité de ces enfants confrontés à des parcours migratoires marqués par les mêmes violences que celles des adultes », explique Julien Buha Collette, chef de mission de Médecins sans frontières.

Solutions inadaptées

Les solutions envisagées pour répondre aux besoins des mineurs étrangers non accompagnés sont inadaptées, déplorent les quatre organisations. Celles-ci se retrouvent souvent démunies face à la situation, d’autant que certains mineurs évitent de se signaler auprès des autorités par peur du système existant.

« Il est anormal qu’une organisation humanitaire se retrouve dans l’obligation de déployer des solutions d’hébergement d’urgence pour pallier les lacunes structurelles d’un pays, en particulier lorsqu’il s’agit d’accueillir des mineurs », s’alarme le porte-parole de la Plateforme citoyenne, Medhi Kassou, en évoquant les 25 places de logement d’urgence ouvertes en juin par trois organisations. « Près de 163 demandes de logement ont dû être refusées à des mineurs et ceux-ci doivent dès lors retourner à la rue ou dans les squats de très jeunes enfants par manque de places adaptées. »

Les quatre associations en profitent pour rappeler que la Belgique a signé la Convention internationale des droits de l’enfant qui précise que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être primordial et énonce leur droit à être soigné et leur droit d’avoir un refuge, d’être secouru et d’avoir des conditions de vie décentes.

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