Tac au tac: Benoît Godart

Expert en mobilité et en sécurité, porte-parole de Vias, il est le visage - très connu - du code de la route.

BELGA PHOTO DIRK WAEM

Le premier septembre, ça a été l’apocalypse sur les routes? 
Le premier, certainement pas. Beaucoup de parents prennent congé pour le premier jour d’école, et d’autres sont encore en télétravail. Pour les jours qui suivent, on va retomber dans une situation où il y aura beaucoup plus de trafic et d’embouteillages – septembre est un mois à travaux. Mais pas comme avant le Covid. Ce sera une situation intermédiaire.

Le Belge est-il un automobiliste bien éduqué ou un fou furieux? 
Un fou furieux, je ne dirais pas, mais certains classements européens ne nous placent pas en bonne position – notamment sur le non-respect des limitations de vitesse dans les zones de travaux et l’utilisation du GSM au volant qui prend de l’ampleur.

Ah, bon? Je pensais que les gens faisaient attention avec le GSM au volant…
Pas du tout. La voiture est devenue le prolongement de la maison et du bureau et on y fait ce qu’on fait à la maison ou au bureau – on consulte ses mails. J’étais sur la route tout à l’heure et j’ai vu une camionnette qui zigzaguait entre la première et la deuxième bande… Quand vous êtes derrière ça, vous savez très bien ce que le conducteur est en train de faire… Je l’ai dépassé et en effet son GSM était sur ses genoux et il consultait ses mails ou ses réseaux sociaux.

Mais quand les gens vous croisent sur la route, ils ont peur de vous? 
(Rire.) Non, pas du tout. Un policier en uniforme fait plus d’effet que Benoit Godard.

Alors que vous êtes imbattable sur le code de la route… 
Non, c’est faux. Le code de la route est si compliqué… et il a été modifié quarante-deux fois ces dix dernières années, et cent huit fois depuis 1975.

Vous faites des mises à jour? 
Oui, je l’avoue, même s’il y a des règles qui sont tout à fait désuètes comme celle sur la charrette à bras.

Le manuel du permis de conduire, c’est votre livre de chevet?
(Rire.) C’est un peu exagéré, mais en tout cas, je m’en sers tous les jours.

Êtes-vous un conducteur modèle? 
J’essaie, mais tout le monde fait des erreurs… M’apercevoir que j’étais en zone 30 en en sortant parce que le panneau n’était pas visible…

Mais vous êtes un être humain comme les autres… Vous commettez des excès de vitesse? 
Oui, ça peut m’arriver, mais maintenant j’ai une voiture qui bipe dès que je roule un peu trop vite et donc je ralentis tout de suite, et le risque de commettre des infractions est quand même limité. À l’inverse, je me sens parfois bête ou pas à l’aise quand je respecte les 70 à l’heure dans une zone de travaux sur autoroute et que les gens me dépassent à 120 pendant dix kilomètres, et là, je me dis que je dois être le seul à respecter le code de la route.

Quand vous êtes invité chez des amis, les gens vous posent plein de questions sur le code de la route? 
Oui, toujours – et pas que chez des amis, d’ailleurs, quand je fais mes courses aussi. Mais bon, chez les amis, ça dure un quart d’heure, après c’est fini. Mais je trouve ça assez normal… J’avais un papa médecin et quand on allait chez des amis, tout le monde lui parlait de ses bobos.

Est-ce que vous rêvez souvent de voitures et d’autoroutes? 
Ce n’est pas mon rêve principal.

Êtes-vous un fou de bagnoles? 
Non, je préfère la mobilité douce, je me sens plus relax sur un vélo à la campagne qu’au volant de ma voiture.

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