Les vaccins réduisent fortement le risque de Covid long selon une étude

La vaccination permet à la fois de réduire les infections et la probabilité de garder des symptômes pendant des mois, d’où une chute drastique du nombre de malades avec Covid long.

REUTERS/Susana Vera

Une étude publiée cette semaine par le King’s College de Londres donne un éclairage inédit sur un effet méconnu des vaccins: la réduction du risque de développer un Covid long. Selon les chercheurs britanniques, la possibilité qu’une personne présente des symptômes durant plus d’un mois chute de 50% si elle est entièrement vaccinée. Un résultat relayé ce samedi sur Twitter par le célèbre virologue flamand Marc Van Ranst. Encore mieux: ce pourcentage pourrait être encore plus important si l’on tient compte de la baisse des infections.

Des chiffres éloquents

Pour arriver à cette conclusion, l’étude, publiée dans la revue The Lancet Infectious Diseases, a scruté en détail les données de l’application britannique Zoe Covid Study, qui assure le suivi des symptômes du Covid-19 déclarés par les personnes inscrites. Les scientifiques londoniens ont ainsi pu constater si tel ou tel individu avait développé un Covid long, sans oublier de voir s’il était vacciné ou pas. Au total, ils ont pu s’intéresser à 971.504 personnes entièrement vaccinées entre décembre 2020 et juillet 2021.

Résultat: seulement 2.370 infections ont été répertoriées parmi ce groupe vacciné, soit 0,2% du total. Bien sûr, il se peut que certaines personnes vaccinées aient attrapé le Covid-19 sans que cela ne soit détecté, les chances d’être asymptomatique étant démultipliées. Mais cette constatation tend à confirmer d’autres études menées sur le sujet.

Sur ces 2.370 malades, 592 ont continué à faire part de la présence ou pas de leurs symptômes pendant plus d’un mois. Et finalement, il s’est avéré que seules 31 personnes entièrement vaccinées ont continué à développer la maladie pendant plus de 28 jours après un test positif. Autrement dit, 5% des 592 malades vaccinés continuellement suivis ont eu un Covid long. Chez les non-vaccinés eux aussi suivis à long terme, ce pourcentage est de 11%.

Bilan: si une personne est contaminée, le risque de développer un Covid long est au moins réduit de 50% en cas de parcours vaccinal complet. Mais si on prend en compte la baisse des infections, ce pourcentage serait en réalité encore supérieur, même si les chercheurs ne se sont pas avancés à donner des chiffres plus précis.

Certains groupes plus fragiles que d’autres

Pour l’auteure principale de l’étude, Claire Steves, cette analyse est rassurante. “En ce qui concerne le fardeau du Covid long, c’est une bonne nouvelle que notre recherche ait trouvé que la double vaccination réduise de manière significative le risque d’attraper le virus et, si c’est le cas, de développer des symptômes de longue durée”, se réjouit-elle, comme le relaye la BBC.

Les chercheurs ont également constaté que certains individus étaient plus susceptibles d’être infectés par le Covid-19, même s’ils étaient vaccinés. C’est notamment le cas de ceux à la santé fragile et des personnes âgées, mais aussi de ceux vivant dans des zones défavorisées (où le virus circule particulièrement).

D’autres études, dont une réalisée à l’Université de Leicester et une autre à l’Université de Glasgow, ont par ailleurs constaté que le Covid long était plus récurrent au sein de certains groupes. C’est notamment le cas des femmes plus âgées, bien que les hommes soient plus susceptibles d’être hospitalisés. Pour l’expliquer, les scientifiques font deux hypothèses: les femmes pourraient avoir « une réponse immunitaire différente de celle des hommes » et être plus nombreuses à contracter des maladies auto-immunes avec l’âge. De ce fait, il serait plus facile pour elles de développer un Covid long, parfois de plusieurs mois. Des recherches supplémentaires sont toutefois nécessaires pour confirmer la cause réelle de cette différence entre les deux sexes.

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