Les talibans dispersent des manifestations de femmes à Kaboul

Elles réclamaient la sauvegarde de leurs droits lorsqu’une confrontation a eu lieu avec les forces talibanes.

HOSHANG HASHIMI / AFP

Ce samedi, des activistes féministes, des étudiantes et des artistes afghanes ont manifesté à Kaboul pour exiger que leurs droits soient respectés et qu’elles soient représentées au sein du futur gouvernement. Mais alors qu’elles se dirigeaient vers le palais présidentiel, leur rassemblement a été dispersé par les talibans, font savoir CNN, la BCC et France 24. Les manifestantes affirment que leurs opposants ont utilisé la violence à leur encontre.

«Pourquoi vous nous frappez?»

Dans une vidéo montrant le rassemblement, tout semble d’abord calme. Un homme représentant les talibans tâche d’abord de rassurer les femmes avec un mégaphone. «Nous allons transmettre votre message aux anciens», explique-t-il. Mais à la fin de l’enregistrement, des femmes commencent à crier. «Pourquoi vous nous frappez?», dit l’une d’entre elles. Selon des témoins interrogés par Reuters et Associated Press, les forces talibanes ont ensuite fait plusieurs tirs de sommation et lancé des gaz lacrymogènes. Une vidéo montre également la militante afghane Narjis Sadate affirmant avoir été battue, avec sa tête ensanglantée. Elle ne serait pas la seule à avoir subi le même sort.

Les dirigeants talibans rejettent pour leur part toute accusation de violence. Le chef de la Commission culturelle, Muhammad Jalal, a même voulu décrédibiliser les manifestantes. Il affirme notamment que ces manifestations étaient «une tentative délibérée de causer des problèmes», tout en précisant que «ces personnes ne représentent même pas 0,1% de l’Afghanistan».

Un avenir incertain

De nombreuses Afghanes craignent de devoir prochainement porter la burqa, d’être soumises aux hommes et d’être plus sévèrement punies pour des délits mineurs, à l’instar de ce qu’elles ont vécu entre 1996 et 2001 sous le joug des talibans. Elles redoutent également de ne plus pouvoir travailler ni de faire des études, ainsi que d’être exclues de toute participation gouvernementale. Avant la manifestation de ce samedi, d’autres rassemblements avaient eu lieu pour le même motif, dont un mercredi à Hérat et un vendredi à Kaboul.

Ces dernières semaines, les talibans ont affirmé qu’elles n’avaient rien à craindre mais des doutes persistent sur la sincérité de leurs propos. Un de leurs porte-paroles, Zabiullah Mujahid, a ainsi affirmé fin août que les femmes devaient rester à la maison jusqu’à ce que de nouvelles règles soient établies. Le chef adjoint du bureau politique des talibans au Qatar, Sher Mohammad Abbas Stanekzai, a pour sa part laissé entendre qu’il «pourrait ne pas y avoir» de femmes présentes au sein du gouvernement. En parallèle, les forces talibanes ont annoncé ce samedi avoir conquis quatre districts de la province du Panjshir, la dernière à leur résister.

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