Le bilan pitoyable de l’été 2021 terni par plusieurs records météo

La Belgique a subi un été à la fois sombre, humide et pluvieux, avec des anomalies climatiques encore plus marquées au niveau local.

Précipitations à Bruxelles, près de la Commission européenne, le 13 juillet 2021 @BelgaImage

Le nouveau résumé climatique de l’IRM (Institut Royal Météorologique) le confirme: l’été 2021 a été pourri. Que ce soit au niveau des températures, de l’ensoleillement, des précipitations ou encore de l’humidité, le bilan est très mauvais. Plusieurs records nationaux ont été soit battus, soit égalés. Localement, le constat est parfois encore plus désolant.

Le parapluie de sortie

Sans surprise au vu des inondations, le record le plus frappant concerne la pluie. Il s’agit de l’été le plus humide jamais enregistré par l’IRM. Les cumuls de précipitations en juillet ont atteint un sommet historique et ceux de juin et d’août sont supérieurs à la moyenne. Au total, 410,7 mm d’eau sont tombés à Uccle, soit le plus haut niveau relevé par l’institut. En temps normal, il pleut presque deux fois moins.

La région bruxelloise n’est pas la seule victime de la pluie puisque toutes les régions du pays ont relevé des cumuls moyens de précipitations supérieurs à la normale, même s’il y a parfois des écarts importants. Cela va de +105% dans les Polders à +175% en Hesbaye. La palme du lieu le plus pluvieux du pays revient à Hockai, un village de la commune de Stavelot, où 179 mm d’eau sont tombés le 14 juillet et un total de plus de 650 mm sur tout l’été. C’est 220% plus que la normale. Plus globalement, l’IRM qualifie d’« extrêmement humide » l’été sur la majorité du territoire des provinces de Namur, Liège, Brabant wallon et dans la région bruxelloise, ainsi que dans le nord de la province de Luxembourg.

@IRM

Des nuages mais peu de vent

Autre triste record : l’été 2021 a été le plus sombre depuis 1981 avec 36 jours de ciel couvert (contre une normale de 25,3 jours), à égalité avec 2002 et 2007. Il n’y a eu que 513h et 21min de soleil à Uccle, là où la normale se situe à 594h 56min. Mais le pire, c’était dans les Hautes Fagnes, avec un peu moins de 380 heures de soleil. Ce n’est toutefois pas sur le toit de la Belgique que l’écart par rapport à la normale a été le plus important. En l’occurrence, ce sont les régions de Couvin, Viroinval et Beauraing qui ont le plus souffert, avec un cumul de 86-88% de rayonnement solaire comparé à la période 1991-2020.

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Plus étonnant, le vent a été remarquablement faible durant cet été. Sa vitesse moyenne n’a été que de 2,8 m/s. C’est un record pour la période de référence actuelle de l’IRM (1991-2020) et très proche du record absolu (celui de 1989, avec 2,6 m/s. En 2021, aucune pointe maximale n’a dépassé la barre des 100 km/h, si ce n’est de manière extrêmement locale, comme lors de la tornade de Beauraing en juin.

Pas de fortes chaleurs

Enfin, du côté des températures, ce n’est pas beaucoup plus réjouissant. Elles ont été inférieures à la normale durant la majeure partie des mois de juillet et août. Juin sauve un peu la mise et permet de relever la moyenne de l’été, établie à 17,8°C (contre 17,9°C pour la normale). Il y a eu seulement 14 «jours d’été» au sein météorologique du terme (entre 25°C et 30°C, alors qu’il y en a 23,9 en temps normal). Durant la période 1991-2020, seuls quatre années ont fait pire. Et il n’y a eu aucun «jour tropical» (de plus de 30°C, contre 5 jours en moyenne). De 1991 à 2020, cette absence n’est arrivée qu’une seule fois, en 1993.

Au niveau local, il fallait aller dans le nord-est du Brabant flamand pour trouver (un peu) de chaleur (entre 18,5°C et 19°C de moyenne). À l’inverse, comme attendu, les températures les plus froides ont été relevées dans l’est des provinces de Luxembourg et de Liège (de 15,5°C à 16°C de moyenne). Quant à l’écart par rapport à la normale, c’est la région de Rochefort qui en a pris surtout pour son grade, avec une différence de -0,5°C à -1°C comparé à la moyenne de 1991-2020.

@IRM

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