« Cher ami héros antivax »

Elle est rude, la vie de résistant sous la terreur d’une dictature fasciste du vaccin…

- AFP

Cher ami héros antivax, ça fait dix-huit mois que ça me grattouille. Passe encore que tu me traites de “mouton” parce que j’ai porté un masque et que j’ai commis un acte de bienveillance à ton égard: me faire vacciner. Passe encore que, quand 98% des hospitalisés Covid sont des non-vaccinés, tu décrètes que les chiffres Sciensano sont truqués (toi, tu as les “vrais” chiffres!). Passe encore – mais limite – que nous les moutons payions la facture exorbitante de ton éventuel séjour en soins intensifs. Passe encore que tu réduises à ton petit nombril la notion de “liberté”, comme si sa jouissance n’impliquait aucun devoir ni aucune conscience collective. Mais ce qui commence à me ballonner brutal, c’est l’utilisation intensive que tu fais de certains mots. J’aime les mots, tu vois. Et ce qu’ils évoquent est parfois lourd de sens. Un exemple? Tu te plains de vivre dans la “terreur” d’une “dictature sanitaire”. Au vu de l’effrayante actualité afghane (photo), j’espère que tu as maintenant découvert que vivre en “dictature” et dans la “terreur”, c’est un peu autre chose que de (bientôt?) montrer un pass sanitaire au gars qui te sert ton boulet sauce lapin ou pour aller voir jouer l’Union Saint-Gilloise. Tu veux toujours comparer? Je vois aussi que tu éructes le mot “fascisme”, que tu traites un ministre de la Santé de “SS” ou de “criminel”, que tu parles d’”apartheid” covidiste, de “séquestration” des “opprimés” non vaccinés et de “propagande” des médias “collabos”. Je vois encore que tu prédis un “génocide”, voire un “Holocauste” vaccinal. Pour arrêter de m’énerver, je te propose un truc, à toi le grand “résistant”. S’il te plaît, lis quelques ouvrages historiques sur le ghetto de ­Varsovie, les goulags soviétiques, ­Guernica, le Chili de Pinochet ou sur l’Afrique du Sud pré-Mandela. Quand tu auras fait ça, peut-être que tu iras sur ton fichu fil FB retirer tous ces mots dont tu ne saisis pas encore très bien la portée. Peut-être comprendras-tu la nuance qui existe entre le mot “invitation” à te faire vacciner et le mot “convocation”, niveau liberté ou dictature. Peut-être même diras-tu à ces cariés du bulbe qui utilisent la croix jaune tamponnée d’un “non vacciné” que c’est à gerber.

Plus d'actualité