Inondations: avant la reconstruction, l’urgence de la formation

Le manque de main-d’œuvre risque de freiner la reconstruction après les inondations qui ont frappé la Wallonie. Solution ? Invité sur DH Radio, le ministre wallon des finances et du budget Jean-Luc Crucke plaide pour la formation des chômeurs.

La Région pourra-t-elle assurer cette reconstruction ? - BELGA

Quelques semaines après les inondations qui ont dévasté la Wallonie, la Région pourra-t-elle assurer cette reconstruction, alors qu’il existe une pénurie de main d’oeuvre, comme l’a notamment évoqué Olivier de Wasseige, le patron de l’Union wallonne des entreprises ?

Pour Jean-Luc Crucke, « dire qu’il n’y a pas de main d’oeuvre alors qu’on a 200.000 demandeurs d’emploi, c’est assez contradictoire. Ce qu’il veut dire c’est qu’il est urgent de former certaines personnes aux métiers nécessaires à la reconstruction. Un beau défi qu’il faut mener avec le Forem« , a déclaré le ministre wallon des finances et du budget au micro de Maxime Binet.

« On en parle depuis longtemps, mais il faut l’accentuer avec le Forem« , insiste le libéral, qui plaide pour davantage de formation en entreprise. Jean-Luc Crucke, partisan de la régionalisation de cette compétence, veut profiter du contexte pour agir. « Il faut régionaliser la formation car il y a des différences entre Bruxelles et la Wallonie et aujourd’hui les entreprises sont demandeuses. »

Les sans-papiers aussi ?

Or, la formation prend du temps et la reconstruction n’attend pas. Faudrait-il pour cela régulariser les sans papiers ? « Je plaide d’abord pour que les 200.000 demandeurs d’emploi soient réorientés vers les secteurs les plus urgents« , martèle-t-il. « Il y a des moments où il faut cesser les polémiques sur tout. Quand il y a des personnes qui sont depuis 10 ans sur le territoire et qui ont les capacités ou la volonté de trouver un travail, il est temps de leur dire faites le. Ce n’est pas ce qu’on appelle une régularisation massive, c’est permettre à ces personnes (de travailler ndlr) parce qu’il y a un besoin en entreprise. Ce n’est pas la première fois qu’une immigration est utile à la Belgique« , appuie le ministre en référence à l’immigration italienne.

Plusieurs politiques demandent aussi une commission d’enquête parlementaire pour mettre la lumière sur la gestion des inondations, une idée que partage l’invité : « C’est indispensable« , assure-t-il alors que Elio Di Rupo, le ministre-président wallon plaide plutôt pour une commission spéciale. « Ce qu’il veut dire c’est qu’il y a surtout une enquête judiciaire qui existe et il faut faire attention de ne pas la perturber par des gestes inadéquats parlementaires. Mais la transparence sur le dossier doit exister« , précise-t-il.

Quant au coût des réparations, estimé à deux milliards d’euros, Jean-Luc Crucke est certain que ce montant sera dépassé. « Ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Ce chiffre ne concerne que les personnes assurées et il y a 10% de personnes sinistrées qui ne sont pas assurées. Il faut aussi y ajouter les dommages aux entreprises et à la collectivité. »

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