Bientôt une pénurie de pâtes dans nos supermarchés ?

On se dirige vers une pénurie de blé dur cette année, ce qui pourrait avoir des répercussions dans le secteur des pâtes alimentaires. 

Il semblerait qu'il restera des pâtes en rayon cette année, mais sûrement plus chères. (Belga)

Après le manque de semi-conducteurs et de composants électroniques qui frappe le secteur des nouvelles technologies dans son ensemble depuis un moment déjà, nous pourrions bientôt faire face à une autre pénurie, tout à fait différente : celle du blé dur. 

En effet, le premier producteur de cette céréale est le Canada, qui représente 2/3 du commerce mondial. Le pays a connu un été particulièrement difficile, marqué d’intenses chaleurs et de larges incendies. Selon un bureau statistique canadien, 4,2 millions de tonnes de blé seraient récoltées cette année, soit 32% de moins que la moyenne des dernières années. L’Europe, où ce type de culture est également présent, n’a pas été épargnée par la météo avec de fortes intempéries un peu partout.

Dernièrement, plusieurs fabricants français de pâtes alimentaires et de semoule ont tiré la sonnette d’alarme. Ils craignent le pire pour la fin de l’année 2021. « Avec un stock historiquement bas, il ne sera pas possible d’alimenter le marché mondial avec des blés durs stockés », est-il expliqué dans un communiqué. 

« Nous sommes inquiets »

Le directeur général de Panzani a commenté la situation sur BFM TV. « On estime qu’il va manquer à peu près 2 millions de tonnes », a déclaré François Rouilly. « Nous avons un risque de pénurie de pâtes au niveau mondial ».

Chez Panzani, on n’utilise que du blé français, et dans l’Hexagone, la situation n’est pas idéale non plus. « Il a plu de mi-juin à la moisson, et cela a clairement affecté la récolte », explique le directeur. « En France, en termes de quantité, nous sommes plutôt dans une moyenne basse, on a une qualité de blé dur assez hétérogène, une partie de ce blé sera assez difficile d’utiliser pour la fabrication de nos pâtes ».

Du côté de l’Alsace, connue pour ses pâtes aux œufs, la situation inquiète particulièrement. « Là, il nous reste environ 12 tonnes, on peut produire environ, selon le type de pâtes, entre 15 jours et trois semaines à peu près. Il est prévu qu’on soit livrés au mois de septembre d’une citerne de 25 tonnes, pour la suite, on est dans l’expectative », prévoit Gilles Reichstadt, responsable de production d’une entreprise de pâtes d’une dizaine de salariés, dans le Haut-Rhin.

En Savoie, il existe aussi les crozets, ces petites pâtes carrées utilisées dans de nombreuses préparations traditionnelles. La société Alpina fait partie de celles qui en fabriquent. « Tous nos produits sont impactés », commente Jean Philippe Lefrançois, le directeur, pour France Bleu. « Très clairement nous sommes inquiets. »

Une histoire de centimes

Conséquence de cette pénurie de blé : une hausse du prix de la céréale. Elle était environ 30% plus chère que d’habitude en juillet. Une augmentation qui pourrait retomber sur le prix des pâtes en magasin. « Il va être urgent pour nous d’être capable de répercuter cette hausse des prix du blé dur auprès des prix de vente du consommateur et nous sommes en pourparlers avec la grande distribution pour voir comment gérer cette crise », expliquait le directeur de Panzani.

Il semblerait qu’on ne se dirige donc pas vers un manque de pâtes dans nos rayons, mais plutôt vers quelques centimes de plus à payer pour le consommateur. Certains parlent de 2 centimes au kilo, d’autres de 10 centimes par paquet.
 

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