Comment le changement climatique va appauvrir la Belgique

La croissance et la dette belge vont être durement impactées par les bouleversements du climat.

BELGAIMAGE/ Les inondations de la mi-juillet l’ont mis en évidence : la Belgique est vulnérable aux changements climatiques

Les pays de l’Union européenne – et partant, la Belgique – sont parmi les moins vulnérables et les mieux préparés au changement climatique, soulignait le centre de réflexion Bruegel dans une publication récente. Et pourtant, nous n’y couperons pas : notre pays est, et sera (de plus en plus) soumis à des événements climatiques extrêmes (inondations, canicules, sécheresses, etc.) ainsi qu’à des effets plus chroniques, incluant hausse des températures, dégradation des écosystèmes et montée du niveau des mers. Humainement et économiquement, on va au-devant d’énormes catastrophes.

Bruegel a tenté de calculer l’impact du réchauffement climatique sur la croissance et la dette souveraine de la Belgique. En Europe, les pertes économiques liées à la multiplication et à l’intensification des événements extrêmes pourraient, à terme, grimper de 12 milliards par an (pour ces dernières années) à au moins 170 milliards par an. En ne prenant pour base que le scénario le plus optimiste- soit une augmentation de 2 degrés maximum d’ici 2100-, le taux de croissance du PIB belge pourrait être amputé de 35%, à la fin du siècle. 

Points de non-retour

Et qui dit moindre production de richesse, dit aussi une moins bonne cotation du pays sur les marchés financiers. Pour la Belgique, cela pourrait signifier une hausse de 3% du coût de sa dette souveraine, selon Bruegel.

« Mais il s’agit d’une estimation qui ne prend pas en compte les points de basculement [climatiques] », a précisé à l’Echo Stavros A. Zenios, professeur à l’Université de Chypre, auteur de l’étude pour Bruegel. Or, le dernier rapport du Giec sur le climat prévenait justement que nous nous rapprochons de ces points de non-retour (fonte des calottes glaciaires, disparition des récifs coralliens, etc.) à partir desquels le dérèglement du climat s’emballe de manière irréversible. Et tout ceci ne vaut que pour le scénario le plus optimiste, qui risque de s’avérer de moins en moins probable…

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