L’économie wallonne est trop vulnérable: « Il faut favoriser les producteurs locaux »

 Jean-Jacques Cloquet était l'invité de Maxime Binet ce lundi matin dans l'émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio. Ancien patron de l'aéroport de Charleroi mais aussi l'un des précédents dirigeants de Pairi Daiza s'est exprimé sur les secteurs d'avenir dans le sud du pays. La Wallonie peut-elle relancer son économie ?

Namur @BelgaImage

 Pour Jean-Jacques Cloquet, cela ne fait aucun doute: l’économie wallonne peut être relancée. Cela nécessitera cependant la mise en place de projets novateurs et un retour au circuit court: « Je pense que nous avons été victimes d’un manque de vision du changement de l’économie », pointe-t-il en prenant notamment pour exemple les mines de charbon ou la sidérurgie. « Tout cela à cause de la délocalisation. Nous sommes allés vers une mondialisation », accuse cette figure de l’entreprenariat belge.

Jean-Jaques Cloquet
Jean-Jacques Cloquet (Photo)

Selon lui, l’économie wallonne est trop vulnérable: « Il faut favoriser les producteurs locaux, respecter les normes durables, d’environnement et les conditions de travail. »

Dans cette région du pays, le taux de chômage atteint 13,1%. Pour les jeunes, ce chiffre est même doublé. Pour Mr. Cloquet, cette situation est le résultat de manquements dans la formation et l’enseignement: « Nous laissons des jeunes dériver. Il faudrait plus intégrer l’enseignement dans les entreprises. Il faut inciter ces jeunes à découvrir de nouveaux métiers. »

Cependant, l’enseignement étant une compétence communautaire en Belgique, la Wallonie ne possède pas l’indépendance qui lui permettrait de tels bouleversements. Selon l’interlocuteur, sa régionalisation constituerait ainsi une excellente initiative: « Peut-être pas de manière globale mais en tout cas pour tout ce qui est professionnel », nuance-t-il. « Il faut donner la possibilité aux gens de se former ».

Dans le plan de relance de la Wallonie, le secteur de la construction devrait être particulièrement sollicité. Selon Jean-Jacques Cloquet, l’écotourisme constitue également une piste intéressante qu’il conviendrait d’explorer: « Avec le Covid, les gens se sont rendus compte qu’il y avait des pépites en Belgique. Notamment en Wallonie avec Durbuy ou le Lac de L’Eau d’Heure », rapporte-t-il. « Il s’agit d’un secteur générateur de beaucoup d’emplois ».

Carton rouge dans la gestion du Covid, carton vert pour le plan de relance

En regard de l’économie, la gestion « yoyo » du gouvernement a eu des conséquences désastreuses. Pour cette raison, l’entrepreneur a décidé d’y attribuer son carton rouge: « Nous avons fait payer le monde économique qui en réalité n’avait rien à voir avec cette problématique. Cela faisait des années que le monde médical et les hôpitaux étaient sous-financés ». Selon lui, d’autres solutions auraient dû être étudiées: « Dans ce genre de situation, il faut créer des structures logistiques qui permettent de regarder, par secteur bien défini, comment gérer et ainsi éviter cette catastrophe économique » défend-il.

Son carton vert est lui adressé au plan de relance qui offre des perspectives et de l’espoir pour les jeunes.

Plus d'actualité