Comment une télé publique pouvait encore employer un commentateur autant bouffi de préjugés ?

Il est long, le chemin contre l’homophobie et  la discrimination. Même sur une télé publique.

Belgian Cats @BelgaImage

La vérité si je mens, je n’ai “jamais eu l’intention d’offenser qui que ce soit”, a dit Eddy Demarez. Et d’ailleurs, le journaliste sportif de la VRT précise qu’il s’agissait là d’une “conversation privée loin du studio”. Comprenez que, quand c’est hors antenne, ça compte pas. Et qu’après le direct sur le retour des athlètes olympiques, le gars pouvait donc s’adonner à des crasses homophobes sur nos basketteuses, les Belgian Cats. Et confier aux copains de Sporza qu’il n’y a “qu’une seule hétéro dans l’équipe” (rr-rr-rr!). Et comparer l’une d’elles à “une montagne”. Et interpeller un collègue: “Tu l’as déjà bien regardée? C’est un molosse”. Où était l’offense, puisqu’il vous dit que c’était du “privé”? Entre collègues de travail, on peut quand même une fois badiner les homos et railler les molosses!

La faute à pas de chance pour le beauf, son micro était toujours branché. Et donc sa drôlerie “privée” est devenue très pu­blique, faisant un grand tour des réseaux. Où les joueuses ont vite réagi, comme Hanne Mestdagh sur Twitter: “Irrespectueux, douloureux et méprisant. C’est bien de rentrer à la maison comme ça. Je vais juste vomir maintenant”. Face à ce tollé, le brave Eddy avoue maintenant dans un touchant mea-culpa que ses propos ont “outrepassé les limites”. Parce qu’il y a des limites, vous voyez. Un journaliste sportif peut être grossier et insultant, mais pas trop. Il peut dédaigner une orientation sexuelle, mais pas trop. Il peut moquer un physique, mais pas trop.

Et là, il l’admet, c’était juste off-limite. Et donc Eddy fait acte de contrition: “Je tiens donc à m’excuser sincèrement auprès des Belgian Cats”. Mieux encore, le repenti promet: “J’en tirerai les leçons nécessaires et veillerai à ce que cela ne se reproduise plus à l’avenir”. Parce que le gars pense encore avoir un avenir à la télé. La Fédération belge de basket et les Cats, elles, veulent sa démission ou la résiliation de son contrat avec la VRT. Où on se tâte encore. Pour l’instant, on a “suspendu” le gros lourd qui tache. Et on se demande peut-être comment, en 2021, une télé publique peut encore compter dans ses troupes un ­commentateur à ce point bouffi de préjugés à gerber. Bonne question.

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