À quoi servent vraiment les commissions d’enquête?

40 morts et 400 millions de dégâts, mais combien d’enquêtes pour des inondations historiques?

Inondations Belgique - BelgaImage

Après un an de travail, la commission spéciale Covid a rendu 134 recommandations dont on n’a guère entendu parler. Peut-être parce qu’elles enfonçaient des portes ouvertes (renforcer les soins de santé, revaloriser son personnel), peut-être parce qu’elles se montraient trop prudentes (belges?): un plan national d’urgence pour les pandémies à installer pour… fin 2022 et des niveaux de décision à négocier entre pouvoirs fédérés. Alors si aujourd’hui, Wallonie et fédéral s’interrogent sur les diverses commissions parlementaires à lancer sur la piste des responsabilités après les catastrophes des 13, 14 et 15 juillet, on n’en attend pas des merveilles.

S’il restait une lueur d’espoir, André Frédéric le chef de groupe socialiste l’a tout de suite éteinte: “De grâce, les médias ne doivent pas créer trop d’attentes par rapport à une commission d’enquête”. Autrement dit, commission spéciale (sans pouvoir de contrainte) acceptée par les partis majoritaires ou d’enquête demandée par les oppositions (avec les capacités d’un juge d’instruction), tout le monde est d’accord pour, comme d’habitude, “faire toute la lumière et tirer toutes les leçons”. Sauf que ça ne servira pas à grand-chose. Ça aussi, c’est prédit.
D’ailleurs pour plus de sécurité, à Liège, un juge d’instruction a été saisi pour homicides involontaires (pas moins). Ça, c’est pour isoler les erreurs et peut-être déterminer les coupables.

Pour s’assurer de “préparer l’avenir”, autre formule sanctifiée, Philippe Henry, ministre écolo des Infrastructures a commandé une étude indépendante. Fin août, elle expliquera comment les événements ont été gérés. Un mois plus tard, elle communiquera ses recommandations. C’est à ce moment qu’au niveau national, on devrait s’interroger sur l’affaiblissement de la protection civile et l’absence de l’armée. Le présent est évidemment à l’aide aux victimes, au rétablissement des services, aux reconstructions. Mais si après avoir agi, on réfléchissait vraiment? Quatre enquêtes devraient suffire. Ça aussi, ce serait historique.

 

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