Rapport du Giec : tout ce qu’il faut savoir et retenir

D’après la première partie de ce 6e rapport, les hommes sont bien responsables d’un réchauffement de 1,1°C depuis le XIXe. On devrait atteindre 1,5°C voire 2°C d’ici 20 ans, avec des effets nocifs sur la santé, les cultures et évidemment la météo.

Canicules et sécheresses seront plus intenses avec le réchauffement. (Incendies près de Marmaris, en Grèce - Abacapress)

Ce lundi, le Giec, le Groupe intergouvernemental Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a publié ce matin la première partie de son 6e rapport. Tout le monde commente et analyse ces résultats, et pour cause, ils sont aussi importants que désolants.
Mais pour bien en saisir le poids, il vaut mieux avoir toutes les cartes en main.

Qu’est-ce que le Giec ?

Le Groupe intergouvernemental Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat est un organisme intergouvernemental créé par l’ONU en 1988. Son but est d’étudier le réchauffement climatique, ses causes, ses conséquences, les risques qu’il engendre et les moyens de le freiner ou de s’y adapter. 

Pour cela, le Giec ne fait pas de recherche à proprement parler, mais se base sur des travaux et études scientifiques du monde entier, afin de dégager un consensus, mais aussi de souligner les incertitudes. Ce travail est effectué rigoureusement par des scientifiques du monde entier, avec comme objectif la neutralité et l’objectivité. On y trouve climatologues et météorologues évidemment, mais aussi des socioéconomistes par exemple.

Ils sont répartis en 3 groupes de travail, avec chacun un thème. Le 1er étudie les changements climatiques d’un point de vue scientifique. Le 2e groupe analyse les impacts du réchauffement, ainsi que la vulnérabilité et l’adaptabilité des humains, de la nature et du monde face à celui-ci. Enfin, le 3e groupe examine l’atténuation du réchauffement et les moyens d’y contribuer.
195 pays en font partie et le financent sur base volontaire, chaque nation donne ce qu’elle veut.

Qu’est ce que ce rapport a d’important ?

Il n’y en a que très rarement. Le Giec travaille dessus pendant des années. Le dernier date de 2014 et la science a évidemment continué d’avancer depuis.

Le prochain rapport complet devrait être terminé pour 2022. Ce qui a été publié ce lundi 9 août 2021, ce sont les résultats du groupe 1, le groupe scientifique. Ils étaient plus de 230 auteurs provenant de 66 pays à y contribuer, utilisant pas moins de 14.000 références.

Son importance est également liée à ce qu’il en ressort. Les conclusions de cette première partie du rapport sont assez désolantes pour l’avenir et surtout, assumées et affirmées. Il y a quelques années, le Giec utilisait encore le conditionnel et des mots comme « extrêmement probable », ce n’est aujourd’hui plus le cas.

Dans sa communication, le Giec met en avant trois grandes caractéristiques du changement climatique.

Vers 2 °C de plus

Le climat se réchauffe très vite. Le Giec espérait que la Terre ne dépasserait pas la barre du 1,5 °C de réchauffement, mais d’après les nouvelles estimations, c’est inévitable. On devrait même atteindre 2 °C. La seule solution serait que le monde entier réduise immédiatement et immensément les émissions de gaz à effet de serre partout sur la planète.

Le rapport affirme aussi avec certitude que les émissions liées à l’activité humaine sont responsables d’un réchauffement d’environ 1,1 °C depuis la fin du XIXe siècle. Ce fameux 1,5°C devrait lui être atteint ou dépassé d’ici 20 ans. 

« Ce rapport est un retour à la réalité », a déclaré Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail 1 du GIEC. « Nous avons maintenant une image beaucoup plus claire du climat passé, présent et futur, ce qui est essentiel pour comprendre où nous allons, ce qui peut être fait et comment nous pouvons nous préparer ».

Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail 1 du GIEC. «

Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail 1 du GIEC. (Crédit: AFP)

Toute la Terre

Autre point important : toute la planète est concernée, aucune région n’est épargnée. Même si certaines zones, comme l’Arctique, sont plus touchées que d’autres. Et le réchauffement va continuer de s’accroitre partout également. 

Quand la Terre atteindra 1,5 °C, les saisons chaudes dureront plus longtemps, ce qui raccourcira les saisons froides. Et si on monte jusqu’à 2 °C, les pics de chaleur seraient plus fréquemment dangereux, tant pour nous que pour les cultures par exemple.

Parce qu’il ne s’agit pas que de températures.

Le Giec donne en exemple qu’avec le réchauffement, les précipitations sont plus fortes, avec des risques d’inondations plus grands, tandis qu’ailleurs, les sécheresses seront plus intenses et plus longues. Sur les côtes, la mer va continuer de monter, ce qui provoquera des inondations plus fréquentes et graves qu’avant. Le rapport pointe que les situations extrêmes, comme on en voyait une tous les 100 ans, pourraient bien devenir annuelles d’ici 2100.

Les milieux urbains, souvent plus chauds, ne devraient pas être épargnés par de fortes chaleurs, d’importantes précipitations et de risques d’inondations plus grands.

« Pour la première fois, ce sixième rapport fournit une évaluation régionale plus détaillée du changement climatique, en mettant l’accent sur les informations utiles qui peuvent éclairer l’évaluation des risques, l’adaptation et d’autres prises de décision, ainsi qu’un nouveau cadre qui aide à traduire les changements physiques du climat — chaleur, froid, pluie, sécheresse, neige, vent, inondations côtières et autres — en ce qu’ils signifient pour la société et les écosystèmes », indique le Giec.

L’homme est responsable

Comme mentionné plus tôt, désormais, pour le Giec, l’influence des êtres humains sur le réchauffement ne laisse plus aucun doute. « Il est clair depuis des décennies que le climat de la Terre est en train de changer, et le rôle de l’influence humaine sur le système climatique est incontestable », a déclaré Valérie Masson-Delmotte. 

Mais si ce rapport indique également que ce sont aussi les hommes qui peuvent encore changer les choses. Même s’il existe différents gaz à effet de serre et autres polluants qui accélèrent le réchauffement climatique, et qui doivent être moins émis, le principal coupable est toujours le CO2, qui reste l’ennemi public numéro 1 en matière de climat.

Selon le Giec, il ne faudrait plus en émettre du tout. « Pour stabiliser le climat, il faudra réduire fortement, rapidement et durablement les émissions de gaz à effet de serre, et atteindre des émissions nettes de CO2 nulles », précise Panmao Zhai, coprésident du groupe de travail 1 du Giec.

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