« En tant que femme, on est considérée comme moins drôle que les hommes »

Ce mercredi Maxime Binet reçoit l'humoriste Florence Mendez.

Florence Mendez

Durement touché par le coronavirus, le monde de la scène se remet tout doucement à accueillir des spectateurs. L’humoriste Florence Mendez est d’ailleurs très heureuse de remonter sur les planches. « Cela m’a manqué. Surtout le Kings of Comedy Club, c’était devenu ma deuxième maison. »

La longue fermeture des scènes n’a pas empêché Florence Mendez de travailler sur différents projets.  » C’était une année assez chargée pour moi, j’ai beaucoup écrit. Notamment pour la chaîne Teva dans l’émission Piquantes. J’ai effectué quelques chroniques, quelques événements en ligne », explique-t-elle.

D’ailleurs la saison actuelle est celle des festivals, notamment ceux d’humour, où Florence Mendez sera présente. « Au festival ‘Il est temps d’en rire’ au Lac de Genval, qui se déroule fin août où je serai en compagnie de Guillermo Guiz et de Gérémy Crédeville. »    

L’humoriste belge Florence Mendez a rejoint l’émission Piquantes, un talk show 100% féminin, avec de l’humour féministe. Elle nous donne quelques précisions.

« C’est un projet un peu fou, d’une émission 100% féminine, un peu à la Frou-Frou de Christine Bravo, sans tomber dans les sujets habituellement associés à la femme. On y parle de société, de politique, de culture… A une heure assez tardive, sur une chaine du câble payante, où l’on profite de dire tout ce que l’on pense », raconte-t-elle.

Déconstruire les clichés    

Dans un milieu encore considéré comme un « monde de mecs », les femmes humoristes doivent-elles être forcément piquantes ? « Je ne sais pas si elles doivent l’être mais en tout cas elles doivent en faire trois fois plus. Car en tant que femmes, on est considérée comme moins drôle que les hommes », analyse-t-elle avant de donner un exemple. « Quand je voyais Guillermo Guiz sur scène, je me disais qu’il était plus drôle non pas grâce à son talent, mais juste car c’était un homme. »

Ces préjugés que l’on construit tout au long de sa vie, à un moment il est important de les déconstruire. L’humoriste nous explique quand elle a pris conscience qu’il fallait renverser cela.

« Je panique toujours quand je voyage en avion. Pour me rassurer l’hôtesse est venue me dire que c’est une femme qui pilotait, j’ai eu encore plus peur. C’est à ce moment que j’ai compris que le message que la société nous insuffle: que les femmes sont inférieures, eh bien il a fini par s’imprimer en moi », raconte-t-elle.

Afin de déconstruire ces clichés qui nous éduquent, Florence Mendez s’est lancée dans un projet de réécriture de contes pour enfant.

Face au cyber-harcèlement

« J’ai écrit un premier texte, sur les réseaux sociaux, à propos du conte de Blanche-Neige que j’ai rebaptisé Rouge-Sang. Et qui fait autre chose que d’attendre le Prince charmant », explique-t-elle. « J’ai ensuite réécrit celui de la Belle et la Bête. Une histoire où la Belle veut se lancer dans le rap, qui est aussi un monde très masculin. »

Il y a quelques mois plusieurs polémiques étaient apparues pour le conte de Blanche-Neige notamment où l’on parlait de consentement. « Ces contes datent d’une époque où la femme avait autant de droits qu’une serpillère, et donc forcément, ils sont sexistes. Il serait donc injuste de les transmettre à nos enfants sans explications ou modifications », analyse l’humoriste.
   
Concernant le cyber-harcèlement, l’humoriste explique y être confrontée assez régulièrement. « C’est le lot de toute femme qui est un personnage public. Quand on compare les commentaires que l’on reçoit, c’est tout de suite en dessous de la ceinture, on tape directement sur le physique. On va voir des remarques sexistes comme ‘retourne dans ta cuisine’.

« Après le festival de Montreux, qui n’est quand même pas rien dans la carrière d’une humoriste, les commentaires sous la vidéo étaient du style « j’ai envie de l’en****** à sec, excusez moi des mots ». 

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